‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 38 sur 371 · In psalm., praef., IM · texte numérisé non relu

In psalm., praef., IM

3. Moral., praef., 2, M. 75. 517 : « Sed (luis haec seripsorit, valde siiporvacanec quaeritur, quuni tanieii aiictor libri Spiritus sanctus lideliter cre- (latur... quia scriptorem quaeriimis, qiiid aliud aginius, nisi legcndo littoras, de calamo percontainur? •>

PREUVE DE l'inspiration. 31

nous négligions tout ensemble et la personne de Fauteur et le sens de ses paroles, pour nous amuser à rechercher inutilement avec quelle sorte de plume il les aurait écrites. Ainsi, après avoir vu que le Saint-Esprit est l'auteur de cet ouvrage, si nous nous arrêtons à examiner trop curieusement qui est celui qui l'a écrit, à quoi nous occupons-nous, sinon à disputer sur la plume, au lieu de profiter utilement des lettres que nous lisons? ^ »

La dissertation de Dupin fut largement utilisée par les théologiens. Un petit nombre parmi eux, comme l'abbé de Vence -* et Marchini*^, l'enrichirent de quelques nouveaux témoignages. La plupart, au contraire, se bornèrent à la résumer-^. On se plut surtout à rappeler la comparaison de l'archet divin, ainsi que les textes de Théodoret et de saint Grégoire qui faisaient de l'écrivain sacré le porte-plume du Saint-Esprit. Seulement, vers la fin du dix-septième siècle, la situation se modifia. Le dogme de l'inspiration qui, pendant longtemps, n'avait pas eu d'adversaires, fut en butte aux attaques des incrédules. Tout d'abord on opposa à ces assaillants l'attitude du mépris. « Nous ne parlons point, dit l'abbé de Vence, du système monstrueux de Spinosa, qui prétend que les auteurs des livres saints n'ont point été inspirés et qu'ils n'ont même reçu aucune assistance particulière. Il ne convient pas de vouloir disputer ou traiter avec un homme qui ruine tous les fondements de la religion et qui n'entreprend pas moins que de donner à chaque instant le démenti à tout ce que nous trouvons dans l'Écriture. » Cependant on consentit peu à peu à entendre ces nouveaux ennemis, et on leur demanda de faire connaître leurs difficultés. Ils objectaient que toutes les religions prétendaient avoir des

1. Dupin se réfère encore à : Origènc, Periarch., 4. 1; saint Basile dont il ne mentionne néanmoins aucun texte précis; saint Jérôme, in Philem. prolog, ; saint Epiphane, Haer. 76 et 73.

2. Sainte Biblede Vence, Discours préliminaire sur la divinité des saintes Écritures, 2*^ partie (Paris, 1827), t. 1, p. 20 et suiv.

3. De divinilale et canonicilate S. Bibliorvm, pars 1, art. 4, dans Scripturae sacrae cursus de IMigne, 3. 55 et suiv.

4. Voir Glaire. Introduction historique et critique aux livres de l'Ancien et du Nouveau Testament (Paris, 1839) l. 23 et suiv.; Janssens, Herméneutique sacrée (trad. fr., Paris, 1851) p. 27 et suiv.

32 LA SAINTE ÉCBITURE.

livres inspirés, que cette prétention était dépourvue de tout fondement, et que la croyance des chrétiens à l'inspiration de la Bible était sans valeur. On leur répondit que la question de rinspiration de lEcriture supposait le problème de la révélation résolu; que la divinité de la religion chrétienne était un fait acquis: et que, par conséquent, les traditions en vigueur dans les autres religions ne pouvaient être légitimement comparées à la tradition chrétienne ^

L'Écriture est inspirée. Mais qu'est-ce que l'inspiration? Quelle action suppose-t-elle de la part de Dieu? Jusqu'où s'étend-elle? L'Ecriture est-elle inspirée dans toutes ses parties ou seulement dans quelques-unes? Dieu a-t-il suggéré aux écrivains sacrés les mots eux-mêmes? S'est-il borné à leur inspirer les pensées? Toutes ces questions, auxquelles Bellarmin et plusieurs autres controversistes restèrent étrangers, passionnèrent néanmoins la plupart des théologiens. Les théories (jui furent mises en avant pour résoudre ces problèmes s'appuyèrent souvent sur des considérations métaphysiques qui n'ont aucun titre à paraître ici. Exposons seulement les autorités derrière lesquelles on les abrita.

Dupin - peut être considéré comme l'un des principaux théoriciens de l'inspiration limitée aux pensées, et la thèse qu'il a consacrée à défendre son sentiment est comme le type auquel se laissent ramener toutes les démonstrations sorties de la même école. Le premier argument qu'il fait valoir est emprunté au style des écrivains sacrés. Chacun des auteurs inspirés a sa manière d'écrire personnelle. C'est là un fait que saint Jérôme a remarqué. Ce savant docteur dit que Amos était incorrect dans son style, mais plein de science : A?nos propheta fuit imperitus sermone sed non scientia. Il ajoute que ce prophète avait un langage bas et grossier, parce qu'il était berger, tandis que le prophète Isaïe, homme de qualité, parlait d'une manière noble et élevée ^. La même différence de style existe entre les évangiles et les lettres des apùtres. Or ce fait,

1. Pekkone, De loris (heolof/icis, pars 2, n. 111, Glaike, hc. cit., p. 43.

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