‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 46 sur 371 · Ep. 121. 8; M. 22. ll · texte numérisé non relu

Ep. 121. 8; M. 22. ll

OBSCURITÉ DE l'ÉCRITURE. 41

ment l'Ecriture sont induits en erreur par une foule de passages obscurs et ambigus... Il y a des endroits où les ténèbres sont épaisses. Dieu en a décidé ainsi pour humilier notre orgueil et pour écarter de notre esprit le dégoût que nous inspirent souvent les choses facilement comprises \ » Dans ses Confessions, il admire ce qu'il appelle la mira profundiias de l'Ecriture-. Ailleurs il dit : In ipsis sanctis Scripturis, multo nescio plura quam scio '^. Et saint Grégoire tient le langage suivant : « L'obscurité des oracles divins a une grande utilité. Elle exerce notre esprit et excite notre curiosité. Elle a encore une raison d'être plus élevée. Une clarté continuelle avilirait l'Ecriture à nos yeux. Nous éprouvons, au contraire, d'autant plus de plaisir quand nous obtenons le vrai sens d'un texte, que nous avons eu plus de peine à le trouver ''. »

Voilà comment parlent les Pères. Us croient donc l'Ecriture obscure. Et les hérétiques nous confirment eux-mêmes dans cette croyance. Ils prétendent que l'Ecriture est claire. Pourquoi donc Luther et les luthériens ont-ils écrit tant de commentaires sur l'Ecriture? Et d'où vient qu'ils sont si peu d'accord entre eux? D'ailleurs Luther a fini par avouer que le Saint-Esprit s'était réservé beaucoup de choses et que, seuls, les présomptueux pouvaient s'imaginer comprendre entièrement un seul livre de l'Ecriture.

L'Ecriture est obscure et ne saurait par elle-même dirimer les controverses. Qu'opposent les hérétiques à cette doctrine^? Des textes en dehors de la question. Ils objectent que Moïse dit dans le Deutéronome : « Le commandement que je te donne aujourd'hui n'est ni au-dessus de toi ni loin de toi. Il n'est ni au ciel ni au delà de la mer. » Ils objectent encore les textes : « La loi du Seigneur est brillante; elle éclaire les regards. — Ta parole est comme une lanterne qui éclaire mes pas ^ ». Or, ces déclarations ont trait, non à l'Ecriture, mais à

1. De doctrina christiana, 2. 7; M, 34. 38. •l. Confess., 12. 14; M. 32. 832.

3. Ep. 55. 38; M. 33. 222. Bellarmin cite encore Ep. 137. 3, p.^5lG.

Page 1