Deut., 30. 11; Ps. 18. 9; 118. 105 et
la loi du Seigneur. Ils allèguent la parole de saint Pierre qui compare les prophéties à une lanterne répandant son éclat dans un lieu obscur'. Comme si des prophéties, qui éclairent quand elles sont comprises, étaient nécessairement des prophéties faciles à comprendre! Ils croient trouver un appui à leur thèse dans Tendroit où saint Paul dit que les infidèles sont les seuls pour lesquels l'Evangile est caché ^ ; ils ne voient pas que Fapôtre parle de la foi et non de l'Écriture. Ils prétendent avoir pour eux saint Augustin^ et saint Chrysostome '', parce que l'un a dit que presque toutes les obscurités de l'Écriture sont expliquées dans d'autres endroits, et que l'autre a proclamé la clarté de l'Ecriture dans plusieurs de ses sermons. Saint Chrysostome dit, en effet, que l'Ecriture est claire, mais c'est pour amener plus sûrement ses auditeurs à lire les saints livres. Cette assertion est une de ces exagérations oratoires que l'on ne doit pas prendre à la lettre. D'ailleurs Chrysostome déclare un peu plus loin qu'il a seulement en vue les faits historiques. Quant à saint Augustin, il ne dit pas que toutes les obscurités de l'Ecriture sont expliquées dans d'autres endroits, il dit qu'elles le sont « presque toutes ». C'est qu'en effet, il y a des difficultés qui ne sont expliquées nulle part : telles, par exemple, celles dont l'Apocalypse est remplie; telles encore celles que présentent le commencement et la fin d'Ézéchiel. Enfin les protestants objectent que les premiers Pères lisaient l'Ecriture sans commentaires. Assertion absolument fausse. Les premiers Pères n'avaient sans doute pas de commentaires écrits ; mais ils avaient des commentaires vivants, à savoir les apôtres et leurs disciples. Papias, par exemple, nous apprend qu'il a eu pour maîtres les disciples des apôtres.
Telle est la thèse que Bellarmin a consacrée à l'obscurité de l'Écriture. Elle fut résumée dès les premières années du dix-