X PREFACE
Calvin offrirent aux adversaires du magistère vivant, — à côté de théories sans grande cohésion sur lesquelles on n'a pas à insister ici — une provision de textes qui ne devait pas être sensiblement augmentée. Il va sans dire que ces deux contempteurs de la Tradition déclarèrent aussi la ofuerre au saint-siè^re et formèrent contre lui un dossier dont ils empruntèrent, du reste, la plupart des éléments aux gallicans des siècles antérieurs. Mais ce dossier fut après eux considérablement amplifié. Les Genturiateurs de Magdebourg, Marc-Antoine de Dominis, Richer, Launoi : voilà les ennemis les plus terribles que le dogme de la papauté ait jamais rencontrés. Si Ton observe que, chez les Genturiateurs, les objections sont noyées dans des récits diffus, on sera amené à conclure que Marc- Antoine, Richer et Launoi incarnent, pour ainsi dire, la lutte contre les preuves de la primauté pontificale. On peut leur associer Quesncl et Tillemont qui, sans sortir de la pure érudition et sans faire œuvre de controversistes, ne craignirent pas de tourner assez souvent les faits de rhistoire contre la papauté. G'est à ces hommes que demandèrent des armes tous ceux qui, depuis le milieu du dix-septième siècle, attaquèrent telle ou telle prérogative du siège apostolique. Noël Alexandre, Dupin, Bossuet utilisèrent Marc-Antoine, Launoi et même Richer, bien que les principaux travaux de ce dernier fussent encore à Tétat manuscrit. Plus tard Fébronius et, à plus forte raison, Eybel, ne furent que des échos. Et quand on étudie de près le réquisitoire retentissant qu'à la veille du concile du Vatican, Dœllinger lança contre Rome, on constate que rapport personnel du célèbre professeur se réduit à des précisions de détail.
Si maintenant, laissant de côté les adversaires de