‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 6 sur 371 · PREFACE. XI · texte numérisé non relu

PREFACE. XI

rÉglise ou des papes, nous portons nos regards vers ceux qui ont défendu la règle de foi et les prérogatives du saintsiège, nous rencontrons tout d'abord un nom qui dépasse ou plutôt écrase tous les autres, celui de Bellarmin. On peut procéder de diverses manières, pour juger Fauteur des Controverses et se rendre compte de la place qu'il occupe dans l'histoire de la théologie positive depuis le concile de Trente. On peut d'abord le comparer aux théologiens qui l'ont précédé, chercher où en étaient, de son temps, les démonstrations tant scripturaires que patristiques, et mesurer le chemin qu'il leur a fait parcourir. On peut encore le comparer à ceux qui l'ont suivi, et étudier les emprunts qu'on lui a faits. Parties de points opposés, ces deux enquêtes se rencontreront au même but, elles nous apprendront que le livre des Controverses est, pour le théologien, ce que sont, pour le géographe, les lignes de partage des eaux ; qu'il sert de point de départ à des versants opposés ; et que l'histoire de la théologie positive, depuis Léon X, se présente à nous sous deux faces, selon qu'on l'étudié avant ou après Bellarmin. Mais nous avons une autre preuve de l'influence qu'a exercée ce grand cardinal : c'est le spectacle des assauts réitérés auxquels ses livres ont été en butte. Aucun docteur catholique n'a eu autant d'adversaires et provoqué autant de résistances que Bellarmin. C'est par centaines que l'on compte les écrivains qui ont pris la plume contre lui. La liste de leurs noms serait aussi inutile que fastidieuse, et il ne peut être question de la dresser ici. Bornons-nous à quelques exemples. Je viens de dire que Marc-Antoine de Dominis, Richer et Launoi sont les trois hommes qui ont porté les coups les plus terribles aux preuves sur lesquelles repose le dogme de la papauté. Or le De republica ecclesiastica

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