De verbo Dei
48 l'autorité vivante et enseignante.
les Damase, les Innocent, les Léon, les Gélase^ les Grégoire? Que l'on doit soumettre les causes graves, surtout les questions de foi, au siège apostolique. Et les empereurs? Aurélien, bien que païen, consulté au sujet d'une église dont deux partis se disputaient la possession, répondit qu'elle appartenait à celui qui était en relations avec les évéques d'Italie et l'évêque de Rome ^ Constantin, c'est Eusèbe qui l'atteste, attendit, pour s'asseoir au concile de Nicée, d'en être prié par les évêques -. Saint Augustin raconte que le même empereur, invité parles donatistes à juger leur cause, les renvoya au tribunal du pape Melchiade, puis, de ce tribunal, à celui du concile d'Arles ^. L'empereur Gratien posa en principe que les disputes dogmatiques devaient être abandonnées au jugement des évêques '* . Valentinien s'abstint, pour le même motif, d'intervenir dans une controverse ^. Théodose le Jeune s'engagea à faire respecter la liberté des Pères du concile d'Ephèse ^'. Et Marcien déclara irréfragables les décisions du concile de Chalcédoine ^. Voilà ce qu'ont fait les empereurs. Ils ont mis le principe d'autorité à la base de la foi chrétienne.
Les Pères n'ont pas eu une autre doctrine, comme on peut s'en assurer en lisant leurs ouvrages ^. Saint Irénée enseigne que l'on doit dirimer les controverses, non à l'aide des Ecritures que les hérétiques interprètent à leur guise, mais à l'aide delà doctrine de l'Église romaine. « Avec cette Eglise, dit-il, à cause de sa principauté principale, doivent s'accorder toutes leséglises, c'est-à-dire tous les fidèles du monde entier, parce que la tradition apostolique s'est conservée pure en elle ^. » Saint Athanase condamne en ces termes la conduite de l'empereur Constance, qui prétendait s'arroger l'autorité sur