E.i^osUion, 20. Voir aussi la Confcvence avec Claude
aboutit enfin la fausse délicatesse de Messieurs de la religion prétendue réformée. Ils nous ont tant de fois reproché comme une faiblesse cette soumission que nous avons pour les jugements de l'Église, qui n'est, disent-ils, qu'une société d'hommes sujets à faillir; et cependant étant assemblés en corps dans un synode national qui représentait toutes les églises prétendues réformées de France, ils n'ont pas craint de mettre leur foi en compromis entre les mains de quatre hommes avec un si grand abandonnement de leurs propres sentiments, qu'ils leur ont donné plein pouvoir de changer la même confession de foi qu'ils proposent encore aujourd'hui à tout le monde chrétien comme une confession de foi... » Plus tard \ l'auteur des Avej^tissements sur les lettres de Jiirieu reprit cette idée en ces termes : « Il est maintenant aisé de voir combien elle (la Réforme) est éloignée de ses premières maximes. On n'y entendait autrefois que ces plausibles discours par lesquels on flattait le peuple : Nous ne vous en imposons pas : lisez vousmêmes : examinez les Ecritures : vous entendrez tout et les secrets en sont ouverts, du moins pour les vérités nécessaires. Le même langage subsiste, mais la chose est bien changée. On veut, mes frères, que vous portiez à la lecture des saints livres votre foi toute formée par la voie d'autorité... ce qu'on y a ajouté de ce goût, de cette adhésion, de ce sentiment qui vous rend toute vérité aussi manifeste que la lumière du soleil, n'est encore que l'autorité expliquée en d'autres termes. Tout cela ne signifie autre chose, à parler français, si ce n'est que vos préjugés et vos confessions de foi vous déterminent... que l'autorité de vos catéchismes et de votre église vous emporte. » Les infidélités du protestantisme au principe du libre examen fournirent donc à Bossuet une première preuve de la nécessité d'une autorité enseignante. Les variations et les divisions qui s'introduisirent dans le parti de la Réforme lui en fournirent une autre qui, à elle seule, occupa un vaste traité en quinze livres, V Histoire des variations. « Je prétends, dit-il en débutant, démontrer aux protestants la fausseté de leur doctrine dans leurs continuelles variations, et dans la manière chan-
l. Avertissements y (5, G7. Voir aussi les Variations, 14, 80; 15, 114.