‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 7 sur 371 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

de Marc-Antoine et les Lettres de Launoi s'attaquent presque exclusivement aux Controverses. Et si Riclier s'est donné la mission de terrasser d'autres ennemis, c'est surtout contre les Controverses que se dirigent ses coups. Plus clairement encore que les amis de Rome, ses ennemis nous apprennent où se trouve la forteresse la plus puissante et la plus imposante de la papauté.

Toutefois n'exagérons rien. A peine Luther eut-il révélé ses projets destructeurs que deux apologistes se levèrent pour lui barrer le passage, Eckius et Gajetan. A ces premiers défenseurs de l'Eglise plusieurs autres ne tardèrent pas à s'adjoindre. Pighi, Ganisius, Melchior Gano, Sander, Stapleton, Hosius, Gontarini — et je ne nomme que les auteurs les plus importants — travaillèrent à affermir la règle de la foi catholique ainsi que la constitution de l'Eglise, contre les négations protestantes. Sans doute les meilleurs de ces ouvriers sont restés bien loin de la perfection. Les uns ont réservé aux raisonnements une place considérable qui eût été mieux occupée par les textes, les autres ont accordé une confiance aveugle à des témoignages mensongers qui ne méritaient que le dédain. Aucun d'eux n'a su se tenir en garde contre la confusion, le désordre, le verbiage ; aucun n'a su mettre en œuvre ses matériaux et n'a compris la différence qui existe entre un entassement et un édifice. Mais, s'ils ont laissé beaucoup à faire, leurs efforts n'ont tout de môme pas abouti au néant, et les Controverses ont trouvé l'œuvre commencée.

Bellarmin n'a donc pas créé de toutes pièces les démonstrations qu'il nous met sous les yeux. J'ajoute qu'il ne les a pas non plus conduites à leur terme. Après lui les preuves des droits de la papauté ont poursuivi leur marche, pour échapper aux coups des adversaires qui s'achar-

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