‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 62 sur 371 · Défense de la Tradition et des saints Pères, G · texte numérisé non relu

Défense de la Tradition et des saints Pères, G

2. NE^^■MAN, Histoire du développement de la doctrine chrétienne, ch. 8, S l, trad. de Gondon, Paris, 1848, p. 400. Voir aussi Brémond, Xewman (Paris, 1905), p. 78 et suiv.

60 l'autorité vivante et enseignante.

marcliait à son insu vers l'Eglise catholique. Le livre où étaient consignées les observations qu'on vient de lire en contenait d'autres du même genre. On y apprenait, par exemple, que « la nécessité du baptême des enfants, qui fort heureusement est regardée aujourd'hui comme une règle fondamentale du devoir des chrétiens, était appréciée avec moins d'exactitude dans la primitive Eglise^ ». On y apprenait encore que « les prérogatives spécialesde sainte Marie, la Vierge des Viei'ges », attendirent assez tard pour être « reconnues pleinement » dans la liturgie catholique^. Ces constatations n'avaient sans doute rien de bien nouveau. Depuis longtemps les Petau, les Huet, les Mabillon, d'autres encore, avaient signalé des contrastes plus ou moins profonds entre la théologie de leurs contemporains et celle des premiers siècles. Ce qui était nouveau, c'était l'édifice que des matériaux, jusqu'alors inutilisés, servaient à construire. A l'encontre de Bossuet déclarant fièrement que « la vérité venue de Dieu a d' abord sa perfection », le théologien anglais ne craignait pas de prouver, par de multiples raisons, que la doctrine chrétienne avait dû être soumise à la loi du développement. \J Histoire du développement de la doctrine chrétienne, qui parut en 1845, et dont les dernières lignes sont une profession de foi à l'Eglise romaine, contenait des longueurs, des hors-d'œuvre qui en rendaient la lecture pénible. Elle prétendait enfermer la loi du développement de la doctrine chrétienne dans des formules dont l'apparente précision cachait souvent de vagues comparaisons, des métaphores aussi décevantes que brillantes. Elle laissait donc à désirer. Mais ce livre, imparfait à plus d'un titre, ouvrait aux ^

théologiens un monde nouveau et inconnu dont il ne restait 1

plus qu'à dresser la carte : là était son mérite. Newman a '

introduit dans la théologie l'idée d'une vie des dogmes : il a été un initiateur.

1. Histuoe du développement, c\\. S, ^^ -2. p. llo. A prouve (\q son assertion, Xewuian rappi^lle que saint Grégoire de Xazianz(\ saint Basile et saint Augustin, dont les mères étaient chrétiennes, ne lurent i)as baptisés avant d'être adultes.

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