‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 66 sur 371 · INFAILLIBILITÉ DE L AUTORITE ENSEIGNANTE · texte numérisé non relu

INFAILLIBILITÉ DE L AUTORITE ENSEIGNANTE

L'infaillibilité du corps des pasteurs est donc attestée par l'Écriture. Elle est encore attestée par la tradition. Quand Hégésippe fit l'enquête dogmatique dont parle Eusèbe, il se mit en rapport, non avec le peuple, mais avec les évêques ^ Quand Irénée opposa aux hérétiques l'autorité de l'Eglise, il se borna à leur mettre sous les yeux la doctrine des évêques d'origine apostolique-. Cyprien déclare dans un de ses livres que celui-là n'est pas dans l'Église qui combat les évêques du Christ, qui se sépare du clergé ^. Il enseigne, dans une de ses lettres, que la parole du Sauveur : « Qui vous écoute, m'écoute; qui vous méprise, me méprise », s'adresse non seulement aux apôtres, mais encore à tous les successeurs des apôtres. Il ajoute que ce qui constitue l'Église, c'est l'union du peuple à l'évêque, l'union du troupeau au pasteur, de sorte que ceux qui ne sont pas unis à leur évêque sont hors de l'Église^ . Enfin saint Augustin incarne l'autorité de l'Église dans les évêques successeurs des apôtres^.

Ici, Cano, qui a achevé la démonstration de l'infaillibilité de l'Église, aborde les objections des protestants. Presque toutes les difficultés que les hérétiques soulèvent contre la doctrine catholique dérivent de leur théorie de l'Église invisible. Nous les rencontrerons bientôt. Il en est une cependant qui fait abstraction de la notion de l'Église et qui a pour point de départ le sentiment d'incrédulité auquel les apôtres se seraient abandonnés après la mort du Sauveur. Melchior Cano répond que le fait allégué, fût-il exact, n'aurait aucune portée. A l'époque de la mort du Sauveur, les apôtres n'étaient pas encore établis pasteurs de l'Église. Ils pouvaient donc perdre la foi sans que cela tirât à conséquence pour le corps pastoral qui n'était pas constitué. Mais le fait est inexact, au moins tel que l'objection le présente. Quelques apôtres perdirent sans doute la foi après la mort de Notre-Seigneur, mais non pas tous. C'est ce que prouve le texte de saint Matthieu : Videntes eum

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