Dialoffus adversus lucifer, 19, M
prouvés et nous acceptons alors leur doctrine ^ » ; dans cette déclaration d'Athanase : « La parole du Seigneur promulguée par le concile de Nicée demeure éternellement ^ »; enfin dans de nombreuses maximes patristiques qui présentaient les décisions des conciles généraux comme irrévocables, comme l'expression de la croyance de l'Église, et auxquelles il renvoya sans les citer.
Toutefois ce qui constitue la valeur du travail de Bellarmin, ce qui lui assure la supériorité sur l'œuvre de Melchior Cano, c'est moins le nombre des textes qu'on y trouve rassemblés pour prouver l'infaillibilité, que le soin avec lequel les objections y sont réfutées. Depuis le milieu du seizième siècle, les protestants avaient recueilli, tant dans l'Écriture que dans l'histoire ou chez les Pères, des textes et des faits qui leur semblaient contredire la doctrine catholique, et ils les lançaient sans retenue à la face des controversistes. Dans l'Ancien Testament, la vérité n'avait-elle pas disparu à diverses reprises de la surface de la terre ^? Ne lisait-on pas dans l'Écriture : « L'hostie et le sacrifice cesseront. — Croyez-vous que le Fils de l'homme trouvera de la foi sur la terre quand il viendra? — Il faut d'abord que l'apostasie vienne et que l'homme du péché se révèle '* » ? Ces prophéties n'annonçaient-elles pas une éclipse totale de la foi chrétienne? Et puis, saint Jérôme n'avait-il pas écrit cette phrase célèbre : Ingemuit totus orbis et se arianum esse miratus est^'^ Saint Hilaire ^, saint Basile ^, saint Bernard ^ n'avaient-ils pas gémi sur l'état de la foi à leur époque? Telles étaient les objections au moyen desquelles les disciples de Luther travaillaient à ébranler le dogme de l'infaillibilité de l'Église. Ils en avaient d'autres plus spécialement à l'adresse des conciles. A les entendre, les Pères