In Cantic, serm
68 INFAILLIBILITÉ DE l'aUTORITÉ ENSEIGNANTE.
parlaient assez irrévérencieusement des assemblées conciliaires et leur déniaient en tout cas l'infaillibilité. D'ailleurs ils prétendaient avoir relevé des erreurs dans divers conciles. Toutes ces difficultés sont discutées et résolues l'une après l'autre par Bellarmin ^ Le tableau que les prophètes font de l'incrédulité des juifs ou de la perversité de leurs pasteurs est un peu poussé au noir. Les écrivains sacrés ont exagéré les méfaits de leurs contemporains pour les condamner avec plus de solennité^. D'ailleurs, la synagogue n'avait pas reçu les promesses faites à l'Eglise et, quand même elle aurait parfois défailli complètement, on n'aurait pas le droit d'unir sa cause à celle de la société fondée par le Sauveur. L'infaillibilité de l'Église ne se heurte donc à aucun des textes qui flétrissent la conduite des juifs. Elle n'est pas non plus en opposition avec les autres endroits de l'Ecriture allégués par les protestants. La parole de Daniel : « deficiet hostia et sacrificium » vise, non pas le temps de l'Antéchrist, mais l'époque de la ruine de Jérusalem. Quand il posa la question rapportée par saint Luc, Notre-Seigneur avait en vue, non la simple adhésion aux vérités révélées, mais la foi vivifiée par la charité. C'est d'elle qu'il a demandé si elle existerait encore sur la terre lors de son retour. Pour ce qui est de « l'apostasie » présentée par saint Paul comme devant précéder la fm du monde, on doit voir en elle ou bien l'Antéchrist, ou bien la chute de l'empire romain. Que si Ton tient à considérer ce mot comme l'annonce de l'abandon de la foi, on doit au moins Fentendre d'un abandon partiel et non général.
Les protestants font grand bruit autour de la parole de saint Jérôme « ingemuit... ». Mais d'abord le totus orhis est une simple manière de parler qui demande à ne pas être prise à la lettre. Saint Jérôme vise une grande partie de l'univers chrétien et non l'univers chrétien tout entier. Son arianurn se esse miratus est est' dans le même cas. Le saint docteur désigne ici les évêques du concile de Rimini qui, dans leur