‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 71 sur 371 · De conduis et Ecclesia · texte numérisé non relu

De conduis et Ecclesia

2. Loc. cit. Bellarniiii prouve par saint Aug-iistin (De unilale Ecclesiae, 34, M. 43. 417 et Posl collaliunem, 32, M. 43. 073) que l'Écriture emploie parfois le mot « tous » clans un sens hyperbolique.

simplicité, se laissèrent arracher la suppression du terme « homoousios ». Ces prélats firent certes le jeu de l'hérésie arienne. Mais ils le firent de bonne foi, sans soupçonner la portée de leur acte, qu'ils rétractèrent dès qu'on leur ouvrit les yeux. Ils ne furent donc pas hérétiques, attendu que l'on ne peut être hérétique sans le savoir et sans le vouloir. Saint Jérôme a commis une grave erreur, s'il les a réellement rangés parmi les ariens. Mais la formule miratus est dont il se sert prouve que telle n'est pas sa pensée. 11 nous montre l'univers « surpris » de se trouver arien ; il croit donc que Ton n'était pas arien de cœur et que Ton avait été associé aux ariens par mégarde. En somme, les protestants ne peuvent mettre sous le patronage de saint Jérôme leurs attaques contre l'infaillibilité de l'Église. Ils ne peuvent non plus se réclamer ni de saint Hilaire, ni de saint Basile, ni de saint Bernard. Ce dernier, en effet, accuse le clergé de corruption, mais non d'hérésie. Saint Basile s'apitoie sur le malheureux sort des catholiques en butte aux vexations des ariens ; il ne leur reproche aucun crime. Quant à l'évêque de Poitiers, il parle bien d'un désarroi complet, mais il ne s'occupe que de l'église de Milan. Aucun ne laisse entendre que la foi a disparu de l'Église universelle.

Les protestants prétendent que les Pères ont traité les conciles avec plus ou moins de désinvolture ^ Et, à l'appui de leur assertion, ils appellent en témoignage saint Grégoire de Nazianze, saint Augustin et saint Léon. Le saint évêque de Nazianze parle, en effet, avec mépris de certains conciles, mais il a en vue des conciles illégitimes, des conciliabules. Quand il fait mention de Nicée, c'est toujours avec la plus profonde vénération. Son nom doit donc être écarté du débat. Le texte de saint Augustin allégué par les protestants est plus spécieux. Ce saint docteur dit dans le De haptismo : « Qui ne sait... que les conciles régionaux ou provinciaux cèdent à l'autorité des conciles pléniers, à la formation desquels l'univers entier concourt, et que les conciles pléniers eux-mêmes sont souvent corrigés par des conciles postérieurs - »? Les protestants triom-

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