De bapiismo, 2. 4, M. 43. 129 (voir aussi n. 14, p
70 INFAILLIBILITÉ DE l'aUTORITÉ ENSEIGNANTE.
phent de ce plenaria saepe priora posterioribus emendari. Mais, tout d'abord, quand saint Augustin dit que les conciles pléniers sont souvent corrigés par des conciles postérieurs, il a peut-être en vue les conciliabules comme le Brigandage d'Ephèse qui, en effet, a été corrigé par Chalcédoine. Mais accordons qu'il parle des conciles légitimes. On peut supposer qu'il porte son attention exclusivement sur les questions de fait, dans lesquelles, en effet, les conciles ne sont pas infaillibles. Et cette hypothèse est d'autant plus vraisemblable que saint Augustin s'adresse ici aux donatistes, qui s'étaient séparés des catholiques parce qu'ils croyaient l'évêque Cécilien coupable, c'est-à-dire à propos d'une question de fait. Voilà une seconde solution. Il y en a une troisième, qui consiste à dire que saint Augustin entend parler, non des dogmes de foi, mais des préceptes des mœurs. Dans cette hypothèse, il voudrait dire que telle mesure, bonne à l'époque où elle fut prise par un concile plénier, pourra, par suite des circonstances, devenir nuisible et être abolie par un autre concile. En résumé, le plenaria saepe priora posterioribus emendari est susceptible de trois solutions et ne prouve aucunement que saint Augustin déniait aux conciles généraux le privilège de l'infaillibilité. Saint Léon ne patronne pas davantage la thèse protestante. Sans doute il a critiqué le concile de Chalcédoine *, et c'est ce qu'objectent les disciples de Luther. Mais il l'a critiqué au sujet du vingt-huitième canon que les Pères de Chalcédoine avaient adopté malgré l'opposition des légats du Saint-Siège. Et comme, selon la doctrine catholique, un concile cesse d'être général et de représenter l'Eglise universelle dès qu'il cesse d'agir de concert avec le pape, les critiques de saint Léon s'adressent à une assemblée d'évêques qui n'est plus un concile général.
Au dire des protestants, plusieurs conciles seraient tombés dans l'erreur. Le concile de Néo-Césarée, par exemple, aurait interdit les secondes noces, et le concile de Laodicée aurait professé la même doctrine, quoique avec moins de netteté. Le
1. Ep. ad AnaluL, lOC. 3, M. ot. tOOo; op. ad Marcianum, 104. 2, p. 993; ep. ad l*ulchcriain, 1(j5. 2, p. 999.
concile de Nicée aurait adopté les errements de saint Cyprien dans la question du baptême des hérétiques. Le second concile d'Arles, qui a condamné le mariage des prêtres, se serait mis en opposition avec les conciles de Gangres et de Nicée qui ont autorisé les prêtres à garder leurs épouses. Le concile de Constantinople de 381 aurait enfreint les règlements de Nicée au sujet de l'ordre de préséance des évêques. Le premier concile de Tolède aurait autorisé le concubinat. Le concile de Worms aurait — contrairement à la doctrine de saint Thomas — prescrit de donner la communion aux gens suspects de vol, pour découvrir leur culpabilité. Le second concile de Nicée, approuvé par le Saint-Siège, aurait émis, sur le culte des images, des maximes qui furent condamnées plus tard par le concile de Francfort, approuvé, lui aussi, par le Saint-Siège. Ces objections peuvent être résolues comme il suit ^ Le concile de Néo-Césarée semble, en effet, s'occuper des bigames ^. Mais on peut supposer qu'il a en vue la bigamie simultanée et non la bigamie successive, c'est-à-dire les secondes noces. Ou, s'il traite des secondes noces, on peut penser qu'il interdit, non le mariage lui-même, mais seulement la solennité du mariage, ce qui est conforme à la pratique de l'Eglise. Quant au concile de Laodicée, bien loin de condamner les secondes noces, il tient au contraire à proclamer leur légitimité contre certains évêques de l'époque qui voulaient les interdire ^. Il est vrai — et c'est sur ce point que les protestants basent leur objection — que le concile déclare vouloir user « d'indulgence » à l'égard des secondes noces. Mais cette expression, si elle prouve que les Pères de Laodicée ont eu peu d'estime pour la réitération du mariage, ne donne pas à entendre qu'ils l'ont condamnée.