‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 74 sur 371 · SocHATES, Hist. eccL · texte numérisé non relu

SocHATES, Hist. eccL

4. Canon 17, Hauduin, 1.990: « Le chrétien qui a une l'enime chrétienne et en i)lus une concubine, ne doit pas être admis à la communion: mais on doit l'admettre quand il na pas d'autre femme qu'une concubine. •

provincial et personne n'a jamais défendu l'infaillibilité des conciles provinciaux.

Reste le second concile de Nicée (787). Cette assemblée autorisa le culte des images et condamna la décision contraire prise par un concile tenu à Constantinople, quelques années auparavant, sous Constantin Copronyme. Mais comme le concile de Constantinople, était illégitime, sa condamnation par le second concile de Nicée ne soulève aucun problème. Du reste, ce n'est pas de ce côté que les protestants portent leurs attaques. Ce qu'ils mettent en opposition, ce sont les décrets de Nicée (787) et de Francfort (794), dont l'un préconise le culte des images, tandis que l'autre le condamne. Certains auteurs anciens ont essayé de prouver que les Pères de Francfort avaient réprouvé, non pas le second concile de Nicée, mais celui de Constantinople tenu sous les auspices de Copronyme. Malheureusement cette tentative, inspirée par de louables intentions, ne saurait être menée à bien. On doit reconnaître que c'est la décision de Nicée qui a été condamnée à Francfort. Mais les protestants n'ont le droit de tirer de ce fait aucune conclusion contre l'infaillibilité des conciles généraux. Et cela pour plusieurs raisons. D'abord le concile de Francfort n'est pas un concile général. Son décret, quoi qu'en disent les Centuriateurs, n'a pas été approuvé par les légats romains. Au contraire, il a été rejeté solennellement par le pape Adrien, qui a réfuté, dans une dissertation en règle, les Lwres carolins. Un catholique peut donc, sans que sa foi en souffre, se désintéresser des évêques francs. Néanmoins, et c'est la seconde raison pour laquelle les protestants n'ont aucun profit à tirer du concile de Francfort, l'orthodoxie des susdits évêques peut être défendue au nom de la vérité historique. Ils ont sans doute condamné le second concile de Nicée, mais parce qu'on leur avait fait croire que ce concile avait été tenu malgré le pape et qu'il avait revendiqué pour les images le droit à un culte de latrie, c'est-à-dire à l'adoration dans le sens propre du mot. Ils ont été dupes de deux erreurs de fait, mais leur foi était pure. Le seul coupable dans cette affaire, c'est l'auteur des Livres carolins. C'est lui, et lui seul, qui a calomnié le second concile de Nicée et trompé les Pères de

74 INFAILLIBILITÉ DE l'aUTORITÉ ENSEIGNANTE.

Francfort. Or, quoi qu'en disent les protestants, les Libres carolins n'ont pas été écrits par Charlemagne. Mais quand même le grand empereur serait l'auteur de ce pernicieux traité, qu'aurions-nous à craindre? Ce ne sont pas les rois, dit saint Jean Damascène, qui ont reçu le dépôt de la foi, ce sont les évêques et les prêtres. L'erreur d'un soldat ne saurait être un fait bien troublant pour une conscience catholique.

Dans la thèse dont on vient de lire le résumé, il y a, on l'a vu, deux parties distinctes, à savoir : l'exposé des preuves de l'infaillibilité et la solution des objections. Il nous reste maintenant à connaître le sort de l'une et de l'autre. Un demi-siècle après Bellarmin, les frères de Walembourg glanèrent dans la tradition quelques attestations de l'infaillibilité qui avaient échappé à l'auteur des Contro{>erses \ Ils rapportèrent notamment de leur enquête les textes suivants : « L'Eglise est une, elle est vraie, elle est catholique. Elle combat les hérésies. Elle peut combattre, elle ne peut être terrassée. Toutes les hérésies se sont détachées d'elle, comme les sarments inutiles que Ton détache du tronc. Quant à elle, elle demeure fixée à sa racine, unie à la vigne, à la charité ; les portes de l'enfer ne pourront pas la vaincre^. Ce que Dieu seul peut procurer, à savoir la rémission des péchés et le pouvoir pour l'Eglise de rester immobile au milieu des flots qui font rage autour d'elle, le Christ Ta promis '*. — Ce qui est admirable, ce n'est pas seulement que le Christ a étendu son Eglise dans le monde entier, c'est encore qu'il l'a rendue invincible dans les combats qu'elle a à livrer '\ — La sainte Eglise n'abandonnera jamais ici-bas la foi catholique. — La preuve qu'elle ne sera vaincue ni par les calamités ni par les persécutions, c'est la promesse que lui a faite celui sur qui elle a été bâtie : portae inferi non praevalehunt. — Je crois que les portes de l'enfer qui ne doivent pas prévaloir contre l'Eglise sont les

1. Profess. ficlei, 17, dans le Theologiae cursus de Migne, 1. 1271.

2. Saint Auclstin, De symbolo, 11, yi. 40. G35 : •• ...pugnare potest, expugnare non ])Otest ».

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