‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 76 sur 371 · Saint Jérôme, In Mallh., 16. 18, M · texte numérisé non relu

Saint Jérôme, In Mallh., 16. 18, M

2. Instructions pastorales sur les promesses de l'Église, 1. 5. Voir aussi 11. 38.

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mêmes ont reconnu que plusieurs des réponses fourmes par l'illustre cardinal laissaient à désirer, et ils les ont abandonnées ^ Mais catholiques et protestants, par une sorte d'accord tacite, se sont peu à peu habitués à restreindre la portée des problèmes soulevés par l'étude des conciles. Ils les ont traités comme des questions d'histoire dont l'infaillibilité de l'Eglise n'est pas solidaire.

En revanche, une difficulté qui existait à peine au commencement du dix-septième siècle, se mit bientôt à grandir et à prendre des développements considérables, A Torigine, quand on objectait aux protestants le Portae inferi non prae\>alehunt et le Ecce ego vohiscum sum, ils se réfugiaient derrière la théorie de l'Église invisible que nous connaissons ; ils expliquaient que les promesses du Sauveur avaient été faites à la phalange des saints ou des prédestinés et non à l'organisme social qui s'intitulait l'Église catholique. Mais ils finirent par trouver cette solution insuffisante et ils en mirent d'autres à sa place. Ils dirent donc que, par les paroles Ecce ego, le Sauveur s'était engagé à maintenir dans son Eglise le dépôt des vérités révélées, mais non à préserver ce dépôt de tout alliage impur. Quelques-uns même, enlevant à l'auguste promesse toute portée dogmatique, prétendirent que la présence du Christ dans son Église était destinée, non à éclairer les esprits, mais à consoler les cœurs et à fortifier les volontés. Ils faisaient de plus observer que les apôtres ayant reçu le triple privilège de l'infaillibilité personnelle, de la sainteté et des miracles, les théologiens catlioliques, qui revendiquaient pour leurs pasteurs la succession des apôtres, manquaient à la logique en ne réclamant que l'infaillibilité collective pour ces mêmes pasteurs et qu'ils devaient aller jusqu'au bout, c'est-à-dire attri-

1. Par exemple, Xoei. Ai.exandkk, Ulstoria eccL, in saec. 4, clissert. 19; Lupus, Dhserlal'io de lalinorum cphcoporuni el clericorum caelibatu, cap. 2 (Venise, 1725) t. 4, p. 5; Tn-LKMONx, 6. 821 (note 20snr le concile de Nicée) ont maintenu la réalité de la protestation élevée par Paphnuce à Nicée contre le projet de loi relatif au célibat ecclésiastique. IIékki.k {Histoire des conciles, tr, fr., 1. 422) s'est prononcé dans le même sens. Le même auteur (2. 173) estime que le concile de Gangres a permis aux prêtres l'usage du mariage. Il d(''clare (1. 220) que le concile de Néo-Césarée pai'lc de la jiolygamie successive.

buer aux successeurs des apôtres l'infaillibilité personnelle, le don des miracles et la sainteté. Quant au Portae inferi, ils découvrirent que Notre-Seigneur avait fait cette promesse pour rassurer son Église contre la mort par la perspective de la résurrection.

C'est à Bossuet que revient l'honneur d'avoir défendu le dogme de l'infaillibilité de l'Église contre l'exégèse destructive des protestants. Le grand évêque déploya les ressources de l'éloquence unie à la dialectique contre les assauts de l'hérésie. Voici par quelles considérations il empêcha les adversaires de confisquer le Portae iiiferiK « Les portes de l'enfer, dit (le ministre), sont, dans le cantique d'Ézéchias, ce qu'on appelle autrement les portes de la mort. D'où il conclut que Jésus- Christ n'a d'autre dessein que de rassurer son Église contre la mort par la foi de la résurrection, comme si la mort était la seule ennemie que Jésus-Christ dût abattre aux pieds de l'Eglise. Mais le ministre savait le contraire. L'ennemi que l'Église avait à combattre était celui que l'Église appelle le prince du monde. 11 voulait affermir l'Église « contre les principautés et les puissances », dont saint Paul le fait « triompher à la croix ». Jésus-Christ nous donne partout l'idée d'un empire opposé au sien, mais qui ne peut rien contre lui. Il ne faut qu'ouvrir l'Écriture, pour trouver partout que la puissance publique paraissait aux portes des villes où se tenaient les conseils et se prononçaient les jugements. Ainsi « les portes de l'enfer » signifient naturellement toute la puissance des démons... C'est même principalement contre l'erreur que Jésus- Christ voulait munir son Église. » Quant à la parole Ecce ego, ellCj^fut défendue d'abord dans V Histoire des Vaiiations, puis dans les Instructions pastorales par les plaidoyers qui suivent ^ : « Pour dissiper tous ces nuages, il n'y a qu'à demander en un mot à ces Messieurs où ils ont appris à restreindre les promesses de Jésus-Christ. Celui qui est puissant pour empêcher les soustractions, pourquoi ne le serait-il pas pour em-

1. Instructions pastorales sur les promesses de l'Église, 2. 40.

2. Variations, 15. 84; Instructions pastorales, 2. 20. Voir encore Avertissements, G. 3, 65.

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pêcher les additions dangereuses? Quelle certitude a-t-on que la prédication sera plus pure et le ministère plus privilégié du côté de la soustraction que du côté de l'addition ? La parole «Je suis avec vous » marque une protection universelle à ceux avec qui Jésus-Christ enseigne... Et certainement il n'est pas possible... qu'il n'ait voulu dire que la vérité qu'il promettait d'y conserver serait pure et telle qu'il l'a révélée ; n'y ayant rien de plus ridicule que de lui faire promettre qu'il enseignerait toujours la vérité avec ceux qui en retiendraient un fond qu'ils inonderaient de leurs erreurs. » « On élude la promesse ; on abuse des consolations intérieures et spirituelles pour exclure la nécessité des soutiens extérieurs de la foi, sans laquelle il n'y a point de consolation ni d'intérieur. Or, il a plu à Jésus- Christ d'attacher la foi à la prédication et à la perpétuité du ministère visible. En l'ôtant, on vante inutilement les consolations intérieures, puisqu'on les éteint, dans leur source. «

Et comme les protestants reprochaient aux catholiques de ne pas aller jusqu'au bout de leurs principes, c'est-à-dire de ne pas attribuer tous les privilèges des apôtres à ceux qu'ils considéraient comme les héritiers des apôtres, Bossuet répondit : a) « que le don des miracles était une de ces grâces extraordinaires qui devaient cesser, tandis que la mission d'enseigner et de baptiser devait être perpétuelle comme l'Eglise dont elle soutenait la vie ; b) que « pour remplir la promesse faite à un corps, on n'est pas astreint à la vérifier dans chaque particulier », et donc que Tinfaillibilitc promise au corps pastoral n'entraînait pas nécessairement l'infaillibilité de chaque évêque; c) que la doctrine du Christ produira toujours des fruits de sainteté ; mais que Dieu n'a pas voulu attacher la marque de la vraie foi à la sainteté des mœurs, parce que cette sainteté est invisible ; qu'il n'a même pas voulu garantir son Eglise contre les scandales ; qu'il les a au contraire prédits ; qu'on verra toujours des scandales dans le sein même de l'Église, et que « le soin de les réprimer fera éternellement une partie de son travail » ^ .

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