De locis (/ieologicis,b
OBJET DE L INFAILLIBILITE.
livrer à toutes un certificat de prudence ou d'opportunité. 11 déclara même que FÉglise pouvait être victime de Terreur dans l'établissement des lois particulières, et que, notamment, elle n'avait pas été heureuse dans l'approbation de certains ordres religieux récents. Mais il affirma que la canonisation des saints était à l'abri de toute erreur et, sans oser noter d'hérésie l'opinion contraire, il la taxa de témérité.
Pendant longtemps les théologiens se bornèrent, comme Melchior Cano, à esquisser quelques considérations rapides sur l'objet de l'infaillibilité. Ce fut surtout à l'occasion de la condamnation d'Honorius par le sixième concile ou à l'occasion des Trois-Chapitres. « Bien qu'un concile général, dit Bellarmin, ne puisse errer en définissant les dogmes de foi, il peut néanmoins errer dans les questions de fait. Nous pouvons donc dire en sûreté de conscience que les Pères du sixième concile furent trompés par de faux bruits et que, n'ayant pas bien compris les lettres d'Honorius, ils le mirent à tort au nombre des hérétiques ^ » Ailleurs, l'illustre controversiste parlant des décisions prises conciliairement par les papes Etienne VI et Sergius 111, dit^ : « Je réponds qu'Etienne VI et Sergius III se sont trompés, mais dans une question de fait et non de droit... Il s'agissait de savoir siFormose était pape légitime. Or, en ces sortes de questions, nous convenons que les papes peuvent se tromper et nous reconnaissons que Etienne et Sergius se sont, en eiïet, trompés^. » On lit, d'autre part, dans Baronius, l'observation suivante destinée à expliquer que le sixième concile avait pu se tromper en condamnant Ilonorius : « On doit recevoir avec une religieuse et absolue déférence tout ce qui a été défini par un concile dans les questions de foi. INlais, pour ce qui concerne les personnes et leurs écrits, les censures qu'en ont faites les conciles n'ont pas été observées avec tant de rigueur. On a de ceci un exemple dans le cinquième concile qui a condamné les Trois-Chapitres touchant Théodore, Théodoret et Ibas, bien
1. De romano ponli/ice, 1. 11. Bellarniin rapporte ici, en radoplant, la solution de Torqueniada.