Ad annum 08 1. o
THESE DE BAHONIUS. 81
que le saint et sacré concile de Clialcédoine ne les eût pas condamnés. Personne ne doute, en effet, qu'il ne puisse arriver à qui que ce soit d'être trompé dans les choses qui sont de fait et qu'on ne puisse dire alors ce que saint Paul disait aux Corinthiens, que nous ne pouvons rien contre la vérité... mais seulement pour la vérité... On peut connaître par Cassiodore et par les autres combien les Occidentaux avaient d'aversion pour le cinquième concile... Ils l'ont passé sous silence, croyant qu'en ce qui concerne la foi catholique, c'était assez de faire profession des quatre conciles œcuméniques, dans lesquels les dogmes catholiques ont été établis contre les hérétiques. Il est certain que, dans le cinquième concile, il avait été question des personnes. C'est pourquoi on ne jugea pas nécessaire de faire profession de ce concile avec une même déférence que des quatre autres. C'est ce que nous voyons avoir été observé par Cassiodore, saint Grégoire et les Pères du second concile deBrague. »
Pallavicini ' , s'exprima sur la condamnation des Trois-Chapitres par le cinquième concile comme Baronius. Duval- dit, à la suite de Bellarmin, que le sixième concile avait mal compris les lettres d'Honoriusetles avait condamnées injustement. Petau, outre qu'il partagea sur le cinquième concile le sentiment de Baronius, ne craignit pas de prouver que les livres de Marcel d'Ancyre étaient « remplis d'erreurs » bien qu'ils eussent été approuvés par le pape Jules et par le concile de Sardique ^. Et Sirmond justifia l'opposition faite par le pape Vigile au cinquième concile par cette considération que la question des Trois-Chapitres était de celles où les sentiments sont libres. ''
On en était là jusqu'au milieu du dix-septième siècle. Les théologiens portaient des jugements plus ou moins libres sur la condamnation prononcée par le cinquième concile contre