‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 85 sur 371 · OBJET DE L INFAILLIBILITÉ · texte numérisé non relu

OBJET DE L INFAILLIBILITÉ

vien, les actes du Brigandage d'Kphèse, les lettres de saint Cyrille à Nestorius et à Jean d'Antioclie, la lettre de saint Léon à Flavien, les textes de saint Hilaire et des autres docteurs anciens ; elle obligea Tliéodoret à prononcer ranatlième contre Nestorius ; elle mit la même condition au rétablissement d'Ibas sur le siège dEphèse. Dans le cinquième concile, elle condamna comme hérétiques le symbole de Théodore de Mopsueste, certains textes de Théodoret et la lettre dTbas au Persan Maris. Voilà, selon Fénelon, les principales circonstances dans lesquelles l'Eglise a jadis exercé et, en l'exerçant, affirmé son pouvoir de discerner infailliblement les faits dogmatiques. D'autre part, presque au lendemain du jour où Tévêque de Cambrai venait de faire paraître sa Quatrième instruction pastorale^ Clément XI lançait la bulle Vineani Z)omm/ (15 juillet 1705). Et ce docum.ent pontifical flétrissait comme manquant à « Ihonnèteté naturelle » ceux qui osaient soutenir que l'on pouvait signer le Formulaire tout en niant intérieurement que les cinq propositions fussent contenues dans VAugustinus. Il condamnait la théorie du silence obséquieux et exigeait que Ion condamnât intérieurement le livre de Jansénius. Voilà la preuve que l'Eglise a conscience d'être infaillible dans le discernement du fait contesté par les jansénistes ^ Fénelon oppose avec insistance cette considération à révoque de Saint-Pons. « La bulle, dit-il, demande une croyance pleine, certaine et absolue du fait prétendu. C'est un jugement intérieur^ une condamnation intime et invariable que l'Eglise commande... Voilà sans doute les termes les plus forts et les plus clairs par lesquels TEglise puisse exprimer et inculquer une croyance certaine, intime et fixe... L'Eglise déclare qu'il faut un jugement intérieur, certain et invariable, afin que la cause soit irrévocablement ^/li'e. Elle rejette toute autre crédulité comme insuffisante, en sorte qu'on la trompe par un serment, si on n'a pas au fond du cœur ce jugement fixe et irrévocable. Où le prendra-ton, Monseigneur, ce jugement certain, si on n'y peut être déterminé que par une autorité incertaine?... La croyance intérieure et certaine,

1. Réponse à la première lellre de l'èvêque de Sainl-Pims. ;' 5, p. 15G.

THESE DE l'ENELON. 93

crie tout le parti depuis cinquante ans, ne peut être due qu'à une autorité infaillible. Souffrez que je tourne en deux mots, encore une fois, cet argument contre ceux qui le font. De leur propre aveu, l'Eglise s'attribuerait une autorité infaillible sur le prétendu fait, s'il était vrai qu'elle exigeât à cet égard une croyance intérieure, certaine et invariable. Or est-il que l'Eglise exige par une bulle, reçue entons lieux, une croyance intérieure, certaine et invariable du prétendu fait. Donc, selon l'aveu formel de tout le parti, l'Église s'attribue et exerce actuellement une autorité infaillible à l'égard du prétendu fait^. »

Cependant les jansénistes, on s'en souvient, revendiquaient le patronage de la tradition. Ils prétendaient même que Clément IX avait autorisé l'attitude du « silence respectueux », en acceptant la signature des « Quatre » dont le sens lui avait été expliqué par la Lettre des Dix-neuf. Fénelon, qui veut épuiser la question des faits dogmatiques, doit fournir une solution à chacune de ces difficultés.

11 la fournit en effet. Disons d'abord qu'il repousse comme une infâme calomnie l'assertion d'après laquelle Clément IX aurait été de connivence avec les jansénistes-. Comment! le pape aurait su que les mêmes évêques, qui lui présentaient « une souscription pure et simple » du Formulaire, avaient consigné leurs réserves sur la question de fait dans des procès-verbaux clandestins et il aurait affecté l'ignorance! « Oserait-on, s'écrie Fénelon, accuser un pape si édifiant et d'une si noble simplicité d'un mensonge si impudent qui aurait été fait à la face de toutes les églises? Une cause n'est-elle pas insoutenable quand elle n'a pas d'autre ressource que celle de supposer ainsi, sans preuve de droit, contre la foi de tous les actes ecclésiastiques, que le chef de l'Église a fait semblant d'ignorer et de rejeter une restriction qu'il savait et admettait actuellement ? Peut-on imputer au Saint-Siège une plus scandaleuse comédie? » Il conclut que Clément IX n'eut aucune idée de la manœuvre des jansénistes, qu'il ignora totalement

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