‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 86 sur 371 · Première InslrucUon, g · texte numérisé non relu

Première InslrucUon, g

94 OBJET DE l'infaillibilité.

Texistence des procès-verbaux cachés dans les greffes, et qu'il étendit au fait lui-même une souscription qui, dans Tesprit des jansénistes, portait exclusivement sur les propositions. Il confirme, du reste, sonseiitimeat par Tautorité de Clément XI dont la bulle Vineam Domini écd^vidÀi en ces termes indignés riiypotlièse d'une connivence de Clément IX : « Ils ne rougissent pas de vouloir soutenir leur erreur avec témérité par quelques lettres de Clément IX... Comme si ce pape n'avait pas déclaré par les mêmes lettres... quil exigeait des quatre évêques une vraie et entière obéissance, avec une sincère souscription du Formulaire... (comme si) dans une matière si importante, il eût admis effectivement quelque exception ou restriction, lors même qu'il protestait qu'il nen aurait jamai? admis aucune ' ».

Clément IX a donc ignoré la tactique des jansénistes. ^lais quand même, au lieu d'être leur dupe, il aurait été leur complice, qu'importe, dès lorsqu'il a feint l'ignorance? Après avoir énergiquement défendu le pape, Fénelon fmit par cette observation -. Il montre aux jansénistes qu'un supérieur qui commet un acte de lâcheté en le désavouant, engage sa conscience devant Dieu, mais n'élève pas sa conduite à la hauteur d'un droit; que, dans leur hypothèse, (élément IX a été coupable, mais qu'il n'a pas autorisé le silence respectueux; et que leur propre interprétation de la « paix de Clément IX » n'a aucune portée théologique.

Aussi la diUiculté créée par cet obscur point d'histoire n'est rien auprès de celle qui se rattache aux noms de BelJarmin, de Baronius et des autres théologiens. Est-il donc vrai que les docteurs les plus dévoués au Saint-Siège ont dénié à l'Eglise rinfaillibilité dans le domaine des faits dogmatiques? Est-il donc vrai que, selon ces docteurs, le cinquième concile a condamné à tort des textes approuvés à Chalcédoine. et que le sixième concile a injustement déclaré hérétiques les lettres d'IIonorius! Fénelon aborda une première fois ce problème à

1. Réponse à la première lettre de Véoèque de Suint-Pumi, f, 5. n. 7.

2. Première Instruction, cli. 23, Ijl 3; Réponse à la deuxième lettre de l'évêque de <Sainl-Pons, $ 1, ii. 3.

la fin de sa Première Instruction pastorale'^ . Il n'avait sans doute pas alors étudié de près les textes incriminés par les jansénistes. Il se borna à dire que les meilleurs auteurs peuvent ne pas parler avec assez d'exactitude d'un point de doctrine, quand ce point n'a jamais encore été éclairci et que si des hommes comme Bellarmin ou Baronius « eussent aperçu les conséquences que les jansénistes voulaient tirer de leurs expressions », ils auraient été effrayés. Ils se retrouva de nouveau en face de la même objection. Mais cette fois il était en mesure de défendre les théologiens.

Les jansénistes prétendaient que, selon Bellarmin et Baronius, le sixième concile avait condamné injustement les lettres d'IIonorius et s'était trompé sur un point dogmatique. Non, répliqua Fénelon, telle n'est pas la doctrine de ces deux controversistes. D'après eux, le sixième concile a été induit en erreur par de faux rapports sur les intentions d'Honorius, et il l'a noté d'hérésie; mais il n'a pas examiné ses lettres. Il a condamné l'homme, il n'a pas condamné ses écrits. Il s'est trompé sur un fait personnel, mais non sur un fait dogmatique. Que cette interprétation des actes du sixième concile soit exacte ou non, il n'importe. C'est celle qu'en donnent Bellarmin et Baronius qui, sur ce point, sont les disciples de Torquemada^.

Les jansénistes ajoutaient que, d'après Baronius, le cinquième concile avait condamné trois écrits sur lesquels le concile de Chalcédoine avait fermé les yeux, et donc s'était mis en opposition avec ce concile dans une affaire d'interprétation de textes dogmatiques. Non, répond Fénelon, Baronius n'a pu soutenir une pareille opinion absolument démentie par l'histoire. Ce grand historien n'a pu ignorer que le quatrième et le cinquième concile s'occupèrent, l'un des personnes pour les justifier, l'autre des textes pour les condamner et qu'ils ne se sont pas contredits, puisque leurs jugements portaient sur des objets

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