‹ Histoire de la théologie positive (volume 2)Chapitre 87 sur 371 · Première Instruction, cli · texte numérisé non relu

Première Instruction, cli

i. Troisième In<.tr action, q\\,^Q d'il . La rédaction de ces deux chapitres est singulièrement obscure et embarrassée. Il est parfois difficile de voir ce que dit Fénelon. Dans les lignes qui précèdent, j'ai exposé ce qu'il voulait dire.

96 OBJET DE l'infaillibilité.

différents. Il est vrai que Baronius acruà rexistence d'une opposition entre ces deux conciles. Cela tient sans doute à ce que, selon lui, le cinquième concile s'est, comme Chalcédoine, occupé des personnes. Dans cette hypothèse on doit reconnaître que Fauteur des. -L/i/irt/es s'est trompé et que, de plus, il a attribué au cinquième concile un jugement erroné. Mais, dans son système, l'erreur commise par l'Église, en cette circonstance, portait sur des personnes et non sur des textes dogmatiques. Pas plus que Bellarmin, Baronius ne prête aucun appui à la thèse janséniste '.

Les jansénistes aimaient à répéter que, selon Petau, le livre de Marcel d'Ancyre approuvé parle pape Jules, était rempli d'erreurs. Non, réplique encore Fénelon, Petau n'a pas tenu exactement le langage qu'on lui prête. Ce docte jésuite déclare sans doute que le livre de Marcel contient l'hérésie sabellienne. Il rapporte également que Marcel fut absous dans un concile romain présidé par le pape. Mais il explique que Tinculpé ob tint l'absolution au moyen d'un expédient, à savoir, en affirmant avoir consigné dans son livre des maximes répréhensibles, non comme l'expression de sa croyance, mais à titre de questions à résoudre et de thèses à discuter. Dans ces conditions, le pape prit sous sa protection l'homme, mais non le livre; il ne commit pas d'erreur sur un fait dogmatique, puisque son jugement porta exclusivement sur une personne. « Il faut seulement avouer que l'expression du P. Petau est impropre et irrégulière, quand il dit que Marcel tira l'approbation d un livre qui contenait des erreurs contre la foi. Est-ce tirer l'approbation d'un livre que de se justifier sur ce livre, en protestant qu'on ne le propose point comme sa croyance, mais en forme de question et de thèse k disputer? Ce Père avait parlé juste en disant : Il trompâtes souverains pontifes, les évèques et tout un concile général; car cette surprise ne tombe que sur le fait personnel qui est le secret du cœur d'un homme. Mais il excède visiblement et il dit plus qu'il ne veut dire, quand il ajoute cette approbation imaginaire d'un livre qui ne fut même pas toléré, selon le récit qu'il en fait... - »

1. Troisième Instruclion, ch. 37, ^\ 5. •2. Troisième Jnstruclion, ch. 16, $3.

Poursuivant son plaidoyer, Fénelon prend la défense d'une vingtaine d'autres docteurs que, depuis quelque temps, les jansénistes travaillaient à mettre de leur côté. Il serait trop long de le suivre dans ces multiples dissertations où, du reste nous retrouvons à chaque pas, avec des variantes sans portée, les considérations que nous venons de lire. Disons simplement que, d'après lui, les théologiens ont cru l'Eglise infaillible, non pas dans tous les faits non révélés, mais dans ceux qui importent au salut des âmes. Et cette doctrine qu'il rencontre dans toute l'école, il en fait remonter la source jusqu'à saint Thomas dont il cite le texte suivant : « Tl ne peut y avoir dans l'Église une erreur damnable... Il est certainement impossible que le jugement de l'Eglise universelle soit fautif dans les choses qui regardent la foi... Mais pour les autres jugements qui regardent des faits particuliers, comme quand il s'agit de possessions de biens, de crimes, ou de choses semblables, il se peut faire que l'Eglise soit trompée dans son jugement à cause des faux témoins. Mais la canonisation des saints est un milieu entre ces deux choses. Comme l'honneur que nous rendons aux saints est une espèce de profession de foi par laquelle nous croyons la gloire des saints, il faut croire selon la piété que, même en ces matières, le jugement de l'Eglise ne peut pas errer ^. »

Les scolastiques ont donc cru unanimement à l'infaillibilité de l'Eglise dans le discernement des faits dogmatiques. Mais qu'importe cette croyance des docteurs du moyen âge, si elle s'arrête à saint Thomas et si l'on n'en trouve pas de trace dans les siècles antérieurs? Or les jansénistes prétendaient avoir pour eux l'antiquité. Ils évoquaient la mémoire de ces évêques d'Afrique, d'Istrie, d'Italie, des Gaules, qui préférèrent abandonner la communion du pape et faire schisme, plutôt que d'accepter le cinquième concile, coupable, selon eux, d'avoir condamné ce que Chalcédoine avait approuvé. Ils alléguaient l'attitude de Pelage P'", évitant de nommer le cinquième concile devant le roi Childebert qu'il savait être partisan des Trois-Chapitres, et déclarant, dans une autre circonstance, que

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