CHAPITRE V
LA MARIALOGIE.
La théologie mariale est beaucoup plus riche, dès les premiers siècles, que la théologie scripturaire de Marie. Sans doute les formules qui contiennent tout en germe (la Vierge Marie, Marie toute pure et toute sainte, Marie pleine de grâce, Marie nouvelle Eve, Marie mère de Jésus), ces formules sont bibliques ou se ressentent de la Bible; mais ce n'est que sous le reflet de l'idée vivante qu'on y a vu tout ce qu'elles contiennent, qu'on a donné aux faits et aux textes évangéliques tant d'ampleur et tant de portée, qu'on a trouvé Marie en beaucoup d'endroits qui ne parlaient pas d'elle ou qui n'en parlaient pas directement.
Cette idée vivante s'est même heurtée à certains textes qui étaient plutôt de nature à l'obscurcir, et qui, de fait, ont égaré certains Pères.
Attestée nettement, mais sans références scripturaires, dès les premières années du deuxième siècle par saint Ignace ^ , la virginité de Marie ante partuin est fréquemment prouvée, par saint Justin, au moyen de la prophétie d'Isaïe : Voici qu'une vierge concevra et enfanter a un fils '^. A cette preuve capitale le docte apologiste en ajoute d'autres moins importantes, empruntées à l'Ancien Testament, notamment celle-ci tirée encore d'Isaïe : Qui racontera sa génération ^ ? Le titre de « Fils de riiomme » que s'est donné le Sauveur, lui sert aussi à ren-
l.AdEphes., 18. 2, M. 5. 660.
2. ApoL, 133, M. 6. 881 ; Dial. 43, 66, 67, 77, p. 568, 628, 629, 656.
d.Dial. 43, p. 569; 76, p. 653.