XVI INTRODUCTION
turaire soit patristique, il fît école et réunit autour de lui des disciples, qui utilisèrent et vulgarisèrent ses recherches, en les complétant parfois, et quelquefois aussi en les modifiant. La théologie positive a donc vu surgir, dans le cours des siècles, deux sortes de travaux : les uns qui avaient un caractère original et frayaient des voies nouvelles, les autres qui étaient comme des copies plus ou moins perfectionnées des premiers. Donnons quelques exemples.
La théorie des prophéties messianiques, déjà si développée dans les évangiles, a reçu de saint Justin et de Clément d'Alexandrie une nouvelle ampleur ; puis elle est restée à peu près stationnaire. Tous les docteurs qui ont signalé dans l'Ancien Testament la date de la venue du Sauveur, les principaux traits de sa vie et les circonstances de sa mort, quand ils ne s'inspirent pas des évangiles, sont tributaires au. Dialogue ou des Stromates, qu'ils connaissent soit directement soit par l'intermédiaire d'Origène ou de TertuUien. De même, la preuve scripturaire de l'existence d'une seconde personne divine, distincte de Dieu le Père, a été commencée par VÉpttre aux Hébreux; Idi Lettre de Barnabe l'a continuée; puis saint Justin lui a donné son dernier perfectionnement. Toutes les démonstrations bibliques que l'on rencontre sur ce sujet dans la littérature ecclésiastique, ou bien relèvent de VÉpitre aux Hébreux, ou bien — par les intermédiaires déjà désignés — elles se rattachent à saint Justin. Dans la controverse arienne, alors que la question était, non plus seulement d'établir par la Bible l'existence d'une seconde personne divine, mais de prouver son identité substantielle avec le Père, l'évêque Alexandre dressa un recueil de textes scripturaires favorables à cette identité ; saint Athanase, en même temps qu'il s'appropria, en la simplifiant, la liste dressée par son prédécesseur,