LA SAINTETÉ DE MARIE
son divin Fils mourir sur le Calvaire, perdit la foi, ou du moins eut des doutes sur sa mission. Et la plupart d'entre eux appuyèrent leur sentiment sur la parole de Siméon : Votre âme sera percée dun glaive. On voit donc que les textes évangéliques furent parfois employés à contester ou à découronner la sainteté de Marie. Il n'en fut plus de même à partir de la fin du quatrième siècle. Alors saint Ambroise \ puis plus nettement encore, saint Augustin -, écartèrent de la sainte Vierge toute espèce d'imperfection. Ce n'est pas ici le lieu de rapporter leurs textes qui s'inspirèrent, non de l'Écriture mais de la raison théologique, ou si l'on veut, du sentiment chrétien. Disons seulement que la doctrine de ces deux grands évêques fut accueillie avec empressement, tant dans l'Eglise grecque que dans l'Église latine. A partir du cinquième siècle, on cessa de donner un sens défavorable aux endroits de l'Évangile que l'on vient de mentionner, et Ton admit que Marie avait été sans tache, au moins depuis le jour où elle reçut l'honneur de la maternité divine.
1. Voir : In Luc, 2. IG à 22, 31. 15. 1558 à 1560; De Virginibus, 2. 15, M. 16, 210. On lit dans co dernier endroit : « Talis enim fuit Maria ut ejus unius vita omnium sit disciplina ». Voir encore : Ep. 63. 110, M. 16. 1218; De obitu Valenliniani, 39, M. 16. 1371, où l'attitude de Marie au Calvaire est présentée comme modèle aux chrétiens affligés.
2. De nalura et graiia, 42, M. 44, 267 : « Excepta itaque sancta Virgine Maria, de qua proptcr honorem Domini nuilam prorsus, quum de peccatis agitur, habori volo quaestionem ». Bède {In Luc 2. 35, M. 92. 346) écarte du texte : Pertfansibit gladius, toute idée de doute et l'entend de la douleur de Marie.