‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 112 sur 547 · SAINT KPIPIIANE REFUTE LA DOCTRINE DE LA PREEXISTENCE · texte numérisé non relu

SAINT KPIPIIANE REFUTE LA DOCTRINE DE LA PREEXISTENCE

Telle est la doctrine contre laquelle s'élevèrent iMélliode, saint Kpipliane, saint Jérôme, Théophile d'Alexandrie, saint Cyrille et Justinien. Ces docteurs accusèrent Origène de fausser le sens des textes sur lesquels il s'appuyait. « Il prétend, s'écria saint Epiphane, que l'apôtre a identifié le paradis avec le troisième ciel. En réalité, saint Paul ne fait mention du paradis qu'après avoir parlé du ciel, preuve qu'il distingue l'un de l'autre ^ » On eut beau jeu surtout à réfuter l'allégorisme au moyen duquel le grand docteur alexandrin sublimait le récit génésiaque. « Il s'indigne, dit encore l'évèque de Salamine, contre ceux qui rabaissent Dieu au rang d'un corroyeur s'occupant de façonner des peaux, et il s'imagine retrouver sous ces peaux le symbole de nos corps! Qu'il nous explique donc alors ces paroles que Adam prononça avant son péché : Voici l'os de mes os et la chair de ma chair? Et puis comment, dans son système, Dieu a-t-il pu endormir Adam, lui enlever une de ses côtes, combler le vide avec de la chair, et faire une femme avec cette côte?... Comment encore prendre Origène au sérieux quand il transporte le paradis au troisième ciel, et qu'il transforme en allégories ses arbres aussi bien que ses fleurs? L'Ecriture dit-elle que Dieu envoya Adam et Eve coupables sur la terre ou au-dessous du paradis? Non, elle dit que nos premiers parents furent, après leur expulsion, placés à côté du paradis... D'ailleurs j'ai vu l'eau du Géhon, je l'ai vue, dis-je, de mes yeux de chair... J'ai bu de l'eau de l'Euphratc. C'est une eau qui se laisse palper, avaler et qui n'a rien de spirituel. Or, là où il y a des fleuves, il est tout naturel qu'il y ait aussi des figuiers et des arbres... et l'on est ainsi amené à conclure que nos premiers parents eurent un corps, dès l'origine, et non pas seulement après leur péché ^. » Cette argumentation de saint Epiphane fut complétée. On opposa à Origène le texte de la seconde épître aux Corinthiens où saint Paul parle du tribunal du Christ, devant lequel nous devons comparaître un jour, pour y rendre compte de notre con-

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