Ep., 5, p
2. Ibid., 5, p. 522. Voir encore du même auteur : Haeres., 64. 65, M. ■11. 1181; HuET, Origeniana, 2, 2, quaest. 6, 8, M. 17. 903.
80 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE ; LE CREATIANISME.
diiite. On fit observer que l'apôtre avait ajouté : « dans ce corps », laissant ainsi entendre que le jugement de Dieu porterait uniquement sur notre vie actuelle, et non sur la prétendue vie antérieure imaginée par Origène. On objecta également que le prophète Zacharie avait présenté Dieu comme « formant Tesprit de l'homme en lui » tandis que, dans Thypothèse de la préexistence, il eût dû parler d'une infusion de l'âme ou de quelque chose d'analogue. Ces considérations se lisent dans saint Cyrille ^ et dans Justinien ^.
Dans les premières années du cinquième siècle, pendant que le procès de la préexistence suivait son cours, le problème de l'âme revêtit une seconde forme. Jusqu'alors, les docteurs qui avaient pris position contre les spéculations d' Origène, ou bien ne s'étaient pas préoccupés de les remplacer, ou bien n'avaient pas refusé leurs sympathies à l'hypothèse traducianiste. Patronnée par Tertullien, par Apollinaire ^, et probablement par saint Grégoire de Nysse ^ ^ la doctrine qui attribuait l'origine de l'âme à la génération, avait de nombreux partisans. Saint Jérôme employa à la combattre les ressources de son érudition biblique. Au cours de son commentaire sur l'Ecclésiaste, rencontrant sur son chemin le texte : Spiritus revertetur ad Dominum qui dédit illiun^ il le fit suivre de cette réflexion hautaine : « On voit, par cette maxime, qu'ils sont assez plaisants, ceux qui s'imaginent que les âmes sont semées en même temps que les corps, et qu'elles sont engendrées, non par Dieu, mais par les parents. Puisque la chair retourne à la terre et l'esprit à Dieu qui l'a donné, il est manifeste que Dieu est le père des âmes, et que les parents n'y sont pour rien ^ ». Ailleurs il prouva la théorie créatianiste par les trois textes : Pater meus usque modo operatur; — Fingens spiritum hominis in eo ; — Qui finxit singulatimcorda^ .Ei^ dans salettreàMarcellin, il opposa le premier des textes qu'on vient de lire au traducianisme "^ .