‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 119 sur 547 · SAINT AUGUSTIN REFUTE LES PELAGIENS · texte numérisé non relu

SAINT AUGUSTIN REFUTE LES PELAGIENS

de Dieu, l'humanité (levait rester étrangère au mariage. Et cette conception devait être assez répandue en Orient, pendant tout le quatrième siècle, puisque nous en retrouvons la trace dans saint Athanase \ saint Grégoire de Nysse ^, saint Grégoire de Nazianze -^ et saint Ambroise^. Il va sans dire qu'elle ne se réclamait pas de la Bible.

Dans ces conditions, on ne put qu'être scandalisé quand on entendit Julien d'Eclane professer que nos premiers parents étaient sortis des mains du Créateur, soumis comme nous à la concupiscence ; et saint Augustin, qui réfuta l'impétueux disciple de Pelage, ne fut que l'interprète du sentiment chrétien. Il trouva un premier point d'appui dans l'endroit où la Genèse raconte que, avant leur péché, Adam et Eve ne rougissaient pas d'être nus et que, devenus coupables, ils eurent honte de se voir sans vêtements. « Leur corps, dit-il, tout animal qu'il fût, n'éprouvait aucun mouvement déréglé... c'est ce qui explique qu'ils étaient nus sans en rougir ^. Que veulent dire les paroles : Aperti snnt oculi amborum, sinon qu'ils éprouvèrent la concupiscence... et que leur corps, qui était animal mais susceptible de devenir spirituel sans passer par le tombeau, devint un corps de mort sous l'empire de la concupiscence^? » •Une seconde preuve lui fut fournie par le texte de saint Jean : Quœ (concupiscentia) non est ex Patine, sed ex miindo est. Il en déduisit que la concupiscence était l'œuvre du démon, qui est le prince de ce monde, et que l'homme n'avait pu être créé avec elle '^.

Mais, tout en réfutant la thèse pélagienne, le docteur d'Hippone sut éviter l'excès dans lequel, depuis Origène, les théologiens avaient versé assez communément. Julien croyait avoir trouvé un abri inexpugnable derrière les textes : Crescite et

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