THEOLOGIE SCRIPTURAIRE ; LA CREATION DE L HOMME
multiplie amini. — Et erunt duo in c<2r/iew/2<2^ qui lui montraient le mariage et, par conséquent — du moins il le croyait — la concupiscence avant le péché \ Saint Augustin ne refusa pas de prendre à la lettre ces formules scripturaires. Il accorda donc que le corps de nos premiers parents, dans le paradis terrestre, était « animal » — ce mot revient souvent sous sa plume ^ — et que le mariage entrait dans le plan primitif de la Providence. 11 reconnut que l'union de l'homme et de la femme avait été instituée avant le péché par les paroles : Et erunt duo in earne una ^. Seulement, tandis que Julien mêlait ensemble le mariage et la concupiscence, comme les deux aspects d'une même chose, l'auteur du De nuptiis les sépara. « Julien nous demande, s'écria-t-il, de lui expliquer comment les enfants sont sous l'empire du démon, et de lui dire si le démon est l'auteur responsable de la diversité des sexes, du mariage ou de la fécondité. Nous répondons que la diversité des sexes, l'union de l'homme et de la femme et la fécondité, viennent de Dieu. Ce qui ne vient pas du Père, ce qui vient du monde et du prince de ce monde, le démon, c'est ce que Julien n'a pas nommé, la concupiscence de la chair ^. »
1. Voir ses objections dans : De nuptiis, 2. 13, M. 44. 443; Ibid. 2. 21. p. 448.
2. Par exemple : De peccat. merit. 2. 36, M. 44. 172 ; De Genesi ad litl. 6. 30, M. 34. 351; De civitat. 13. 22. 2, M. 41. 397.
3. De nuptiis. 1. 23, M. 44. 427 : « Respondebitetiam connubii sacramentum: De me ante peccatum dictum est inparadiso : Relinquet homo... et erunt duo in carne una. »