‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 124 sur 547 · Inps. 50. 7, M · texte numérisé non relu

Inps. 50. 7, M

5. /n Luc. 4. 67, iM. 15. 1032 : « Omnes enim in Adam mortui, quia : Per unum hominem et ita in omnes homines pertransiit in quo omnes peccaverunt. lllius igitur culpa mors omnium est. »

90 THÉOLOGIE scripturaire; le péché originel

dire le moi pécheurs dans ce texte? 11 me semble devoir être traduit par : condamnés aux supplices et à la mort ^. «

On voit par là où en était, à la lin du quatrième siècle, la théologie scripturaire du péché originel. Elle avait à sa disposition des textes; mais préoccupée surtout de ne pas donner prise aux erreurs gnostiques ou manichéennes, elle se contentait de mettre en lumière la chute d'Adam ainsi que ses conséquences pénales et ne tirait guère autre chose des oracles de rÉcriture. Ce fut le docteur d'Hippone qui insista sur la transmission du péché.

Dès les premières années qui suivirent sa conversion, saint Augustin affirmait, tout en reconnaissant son caractère mystérieux, le contre-coup de la faute d'Adam sur le genre humain. Témoin cette phrase du De moribus Ecclesiae, écrite en 388 : « Dieu, dans des vues pleines de justice, a voulu que notre corps fût pour nous une lourde entrave, à cause du péché antique dont l'existence se constate on ne peut plus facilement, mais dont l'explication est on ne peut plus mystérieuse. » Dans le De Genesi ad litteram ^ et dans d'autres ouvrages écrits au commencement du cinquième siècle, il enseignait simplement que le genre humain tout entier a participé au péché commis par Adam. Restait à donner les preuves scripturaires de cette assertion. La controverse pélagienne le mit à même d'accomplir cette tâche.

Quand les pélagiens commencèrent à s'inscrire en faux contre le dogme de la souillure originelle, leur premier soin fut d'adapter leur doctrine aux deux textes : Per uniun hominem... et : IShi quis renatus fiierit. Ils expliquèrent que la pensée de saint Paul pouvait être formulée ainsi : Tous les enfants d'Adam ont imité le mauvais exemple donné par leur père et ont péché; par là ils ont encouru la mort spirituelle. Quant à la réponse du Sauveur, ils lui donnèrent l'interprétation suivante : Le royaume du ciel est fermé à ceux qui meurent sans avoir reçu le baptême ; mais le séjour de la vie éternelle , c'est-àdire d'un bonheur inférieur à celui du ciel, leur reste ouvert.

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