De Genesi ad tilt. 10. 18, M
Et, grâce à cette exégèse, ils se persuadèrent que la vérité était (le leur côté. Quelques années plus tard, quand Julien d'Eclane descendit dans Tarène, il s'efîorça d'élargir le débat. Il fit appel à la Tradition et à la dialectique ; il prétendit que les Pères n avaient pas eu l'idée d'une transmission du péché d'Adam, et que les « catégories d'Aristote » s'y opposaient '. Mais il ne toucha pas à l'argumentation biblique. Il la laissa dans l'état où l'avaient établie ses aînés.
Augustin régla la défense sur l'attaque. La thèse scripturaire des hérétiques était tout entière concentrée autour des deux textes : Pei^ iinum homùiem... et : Nisi guis renatus fuerit. L'évéque d'Hippone mentionna à peine la parole de Job et le verset du psaume l '^ ; il demanda ses preuves scripturaires presque uniquement à la déclaration de saint Paul et à la réponse du Sauveur à Nicodème.
La formule de l'apôtre contenait, aux yeux d'Augustin, la preuve évidente de la transmission du péché d'Adam à sa postérité. « Il n'y a pas un seul homme, dit-il dans un sermon, qui ne comprenne ces paroles : Per unum hominem... 11 n'y a pas un seul homme qui ait besoin de se les faire expliquer. Et pourtant, selon eux, l'apôtre aurait simplement voulu dire qu'Adam a péché le premier, et que ceux qui ont péché dans la suite n'ont été que ses imitateurs ! Qu'est-ce que cela sinon envelopper la lumière de ténèbres ^ ? » Toutefois le saint docteur ne s'en tint pas à cette simple exclamation, et il entreprit de réfuter la thèse pélagienne.
L'expression : Per unum hominem, lui fournit un premier argument. « Vous soutenez, dit-il à ses adversaires, que ces paroles présentent seulement Adam comme le premier pécheur, celui que nous imitons. Je réponds qu'Adam n'a pas été le premier à pécher, mais que la palme, sous ce rapport, appartient au diable... C'est le diable qui a commis le premier péché... et c'est lui qu'on imite quand on pèche. Or. trouverez-
1. Dans saint Augustin, Conlra Jul. 2. 37 et 5. 51, M. 44. 700 et 812.
2. Voir cependant : Serm. 170. 2 fin, et 4, M. 38. 928 et 929; De peccato orifjinali, 29 et 37, M. 44. 399 et 403. Les textes de Job et du ps, l y sont utilisés.