Serm. 294. 15, M
VOUS écrit quelque part que les hommes pèchent en lui? C'est donc bien l'origine, la postérité, la descendance que saint Paul a en vue, quand il dit en parlant d'Adam : In quo omnes peccaverunt ^ )>. Cet argument revint à différentes reprises sous la plume d'Augustin. Quelques années avant sa mort, l'auteur de VOpus imperfectum écrivait encore : « Qui ne se moquerait de toi, quand tu prétends nous faire croire que, dans le texte Per uninn hominem, l'apôtre vise, non la génération, mais l'exemple du péché ? Cet exemple est entré dans le monde par celui qui n'a point eu de modèle et qui. par conséquent, a péché le premier. Or, quel est le chrétien qui ignore que celui-là, ce n'est pas Adam mais le diable ^ ? »
Le saint docteur signala aussi, dans le môme texte, la formule : Et ita in omnes homines pertransiit, comme une autre preuve de la transmission du péché d'Adam à sa postérité. Julien, il est vrai, objecta que le verbe « pertransiit » avait, pour sujet, le mot « mors » et non le mot « peccatum )>, et que, par conséquent, saint Paul avait simplement voulu décrire la propagation de la mort. Mais l'auteur de VOpus imperfectum lui répliqua : « Si le péché lui-même ne s'était pas propagé d'Adam à sa postérité, l'homme ne naîtrait pas avec la loi du péché dans ses membres... Le péché s'est donc transmis avec la mort. Que viens-tu nous parler d'une transmission de la mort sans le péché ^? »
Mais la fin du texte de saint Paul avait, aux yeux de saint Augustin, une importance spéciale. « Quelle précision, s'écriait-il, quelle clarté, quelle exactitude dans ces mots : In quo omnes peccaveruntl ^ « Et il expliquait que nous avons péché