Depeccat. mer., 2. 30, M
fit valoir ces textes. Il apporta également quelques-unes des formules de prières contenues dans l'Ecriture : « Convertisseznous, Dieu des vertus! — Donnez-moi l'intelligence, pour que j'apprenne vos commandements! — Enseignez-moi vos justices! » Et alors se retournant vers ses adversaires, il leur dit : « Quand nous tenons ce langage, quelle est notre pensée sinon celle-ci : donnez-nous la force d'accomplir ce que vous nous commandez ^ ? » Puis, allant plus loin, il montra que les chrétiens, eux aussi, étaient soumis à la loi commune; qu'eux aussi avaient besoin du secours de Dieu. N'était-ce pas à des fidèles baptisés que saint Paul avait dit : « La chair lutte contre l'esprit et l'esprit contre la chair... ; d'où il résulte que vous ne faites pas ce que vous voulez? » Et la prière : « Ne nous induisez pas en tentation, mais délivrez-nous du mal », n'était-elle pas prononcée par les fidèles 2? « Or, observa le saint docteur, pourquoi les fidèles prient-ils, s'ils n'ont pas besoin de secours? Et de quel mal demandent-ils à être délivrés, sinon de ce corps de mort dont, au témoignage de saint Paul, la grâce de Dieu donnée par Jésus-Christ peut seule nous délivrer ^ ? » Inutile d'ajouter que l'auteur du De perfectione justitiae sut concilier avec ces textes ceux dont se réclamait son adversaire. Celui fut chose aisée. Que disaient en effet ces textes? Que Dieu a imposé une loi à l'homme, et que l'observation de cette loi est, non seulementpossible, mais facile à l'homme: « Je n'en disconviens pas, répondit Augustin. Nous pouvons observer la loi et nous le pouvons facilement, mais avec la grâce. Céleste n'a pas vu que les textes en question supposent l'homme assisté du secours divin. Là est son erreur ^\ »
Après avoir recueilli les enseignements de l'Écriture sur la nécessité de la grâce, saint Augustin s'enquit auprès d'elle des règles qui président à la distribution du secours divin. Ici, les deux textes : Omne quod non est ex fide peccatum est ^, et :