LA GRACE SANCTIFIANTE
mander des explications ; on n'y trouve pas la doctrine du particularisme de la grâce. Dans sa défaite, l'école marseillaise avait réussi à écarter l'interprétation augustinienne du texte : Deits vuît omnes homines sahos fieri.
§ II. LA GRACE SANCTiriANTE.
Le pape saint Clément enseigne que les chrétiens constituent le peuple de Dieu et sont les brel)is de son pâturage^. Son contemporain, pseudo-Barnabe, explique que le baptême, en même temps qu'il nous purifie, fait de nous les temples spirituels de Dieu qui habite en nous-. On lit dans saint Justin que le chrétien possède « la vertu de Dieu «^ qui le protège contre le démon ^. Saint Irénée nous dit que le Fils de Dieu s'est fait homme, pour que les hommes deviennent fils de Dieu ^. Il ajoute que l'homme parfait, c'est celui qui possède l'Esprit de Dieu, et qui est son temple^. Il est facile d'assigner à la plupart de ces formules une origine biblique. Du reste, saint Irénée se réfère ouvertement à saint Paul et appuie ses enseignements sur le célèbre passage de la Pî^emière épître aux Corinthiens^ où on lit que le chrétien est le temple de Dieu, et que l'Esprit de Dieu habite en nous.
Les textes que nous venons de résumer nous présentent le chrétien tantôt comme « le fils de Dieu », tantôt comme le « temple du Saint-Esprit » . Il est peu d'écrivains ecclésiastiques, à partir du troisième siècle, qui n'aient signalé l'un ou l'autre de ces aspects del'actiondu baptême. Mais, le plus souvent, on se borna à s'inspirer de l'Ecriture sans la citer. On n'a donc pas à rapporter ici les expressions dont se servent saint Cyprien^, l'auteur des Constitutions apostoliques'^ , saint Basile^,
1. Ad Cor. 59. 4. (manque dans Migne; voiries éditions récentes) : r,[j(.£ï; ).a6; Gov xai Trpoêata xr\c, vo|J.r,; cou.
2. Bo.niab. 16. 8 et 10, M. 2. 773 et 776 : 6tà èv x(h 7.aT0iy.r,Tr,ptto r,[ji.(j5v à).rjOà)? 6 Ôeo; y.aTOiy.ôï èv y,(Xïv. 7CV£U[xaT'.y.àç vaô; oly.ooo[xoûa£vo; xtô y.upiw.