‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 15 sur 547 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

croire que c'est son sang? » Avant que surgît la controverse pélagienne, l'Ambrosiastre avait donné du texte : In quo omnes peccaverunt, le commentaire suivant : (( Il est clair que tous ont péché en Adam, comme s'ils avaient formé un même bloc avec lui ; quand notre premier père fut souillé par le péché, tous ceux qu'il engendra naquirent sous la loi du péché )>. De même, avant que Photius eût soulevé la question du Filioque, saint Augustin l'avait déjà résolue, à l'aide des textes : Misit Deus Spiritum filii siii in corda vestra, et : Accipite Spiritum Sanc-

tiim.

Ces exemples nous montrent que l'enseignement catéchétique ou didactique a établi la théologie positive de certains dogmes, en dehors de toute préoccupation polémique. D'autres fois, l'œuvre de démonstration, commencée sous le feu des controverses, ne fut achevée que par les recherches des doctrines scolastiques. Tel est notamment le cas de la confession et du pouvoir des clefs. Au neuvième siècle, Alcuin ayant appris que la confession auriculaire avait des ennemis dans l'Aquitaine, entreprit de réfuter cette erreur par l'autorité de l'Écriture. Et, trois siècles plus tard, Hugues de Saint- Victor, se trouvant dans des circonstances analogues, refit la même thèse en la complétant à l'aide de références patristiques. Mais le travail de Hugues — qui pourtant était supérieur à celui d' Alcuin — fut de bonne heure discuté. N'avait-il pas interrogé la Tradition avec trop de parcimonie? Et puis était-il dans le vrai, quand il rattachait le précepte de la confession au texte de saint Jacques : Confttemini alterutrum peccata vestra? Enfin il faisait consister le pouvoir des clefs à remettre, non le péché, mais la peine éternelle due au péché. Jusqu'à quel point ce sentiment était-il d'ac-

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