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Loc. cit

124 THÉOLOGIE SCRIPTURAIRE ; LE BAPTEME.

pour obtenir la « vie éternelle ^ ». Il souleva ainsi la question du sort des enfants morts sans baptême. Mais saint Augustin, s'élevant contre Pelage, proclama hautement que la « vie éternelle » était identique au « royaume des cieux », et donc que le baptême était également nécessaire pour Tune comme pour l'autre ^. D'où il conclut que les enfants, morts sans le sacrement de la régénération, vont dans l'enfer où ils doivent subir la peine du feu ^, peine qui, il est vrai, est très atténuée pour eux'*. Ses bases scripturaires furent : d'une part, la formule du jugement, dans laquelle il ne remarqua aucune place intermédiaire entre la gauche et la droite, entre le feu de l'enfer et le bonheur du ciel ^ ; d'autre part, le précepte : Nisi manducaçer^itis carnem Filii hominis et biberitis ejiis sanguinem non habebitis vitani in vobis, qui réservait à la réception de l'Eucharistie le bienfait, non pas du royaume des cieux, mais simplement de la vie ^ Cette doctrine de saint Augustin fut généralement adoptée en Occident pendant plusieurs siècles. Saint Gélase ^ saint Fulgence^ et saint Grégoire le Grand '^ crurent que les enfants, morts sans baptême, iraient au feu de l'enfer. Comme l'évêque d'Hippone, ils identifièrent le « royaume des cieux » avec la vie éternelle. Et, pour prouver cette identité, saint Gélase, à la suite de saint Augustin, éclaira le précepte : Nisi qiiis renatus fuerit... par cet autre précepte : Nisi manducaveritis ^ ^ .

Tertullien enseigna que le baptême pouvait être suppléé

1. Voir : saint Augustin : Serm. 294. 3 et suiv., M. 38. 1337; De peccato orig., 5 et 21, M. 44. 388 et 395.

2. Serm. 294. 3, M. 38. 13'31 ; De peccat. merit., 1. 26, M. 44. 123; Ad Bonifac. 1. 40, M. 44.570.

3. Serm. 294. 3, p. 1337; De peccat. merit. 1. 55, M. 44. 140.

4. Enchiridion, 93, M. 40. 27b; De peccat. merit. 1. 21, M. 44. 120; Contra Jul. 5. 44, M. 44. 809. Voir Turmel, Revue d'Histoire et de Littérature religieuses, 1902, p. 210, et 1901, p. 413.

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