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LES DONATISTES

comme ce pouvoir s'étendait, selon lui, à l'administration du baptême, il concluait que, quiconque veut baptiser, doit préalablement posséder le Saint-Esprit, et donc appartenir à l'Église, hors de laquelle cet hôte divin ne se donne pas ^ .

En 311, soixante-dix évèques de Numidie refusèrent de reconnaître le nouvel ëvêque de Carthage, Cécilien, coupable, disaient-ils, d'avoir reçu l'ordination des mains d'un évêque traditeur; et ils nommèrent à sa place un autre prélat. Or Cécilien fut néanmoins reconnu comme évêque légitime par toutes les autres églises du monde chrétien. D'où, en se séparant de lui, les évêques numides se séparèrent de l'univers catholique. Ainsi naquit le schisme donatiste.

En dépit de la persécution impériale qu'ils eurent à subir, les nouveaux schismatiques prirent du nombre, et quand saint Augustin arriva à Hippone, il les trouva en majorité dans tout le pays. Un des premiers soins du grand évêque fut, comme on le pense bien, de travailler à leur conversion. Or les donatistes, qui prétendaient former à eux seuls la vraie Église, adaptaient à ce principe la doctrine de saint Cyprien relativement à la validité du baptême, et concluaient qu'ils étaient les seuls à donner ce sacrement. Pour prendre contact avec eux, il fallait donc revenir à la controverse baptismale. Saint Augustin accepta la lutte sur ce terrain. La grosse question était d'enlever aux schismatiques l'appui de saint Cyprien. On verra plus loin comment le docteur d'Hippone résolut ce difficile problème. Mais les donatistes se retranchaient aussi derrière l'autorité de l'Écriture. Une foule de textes allégués par eux, entre autres ceux que nous avons déjà rencontrés sous la plume de saint Cyprien, prouvaient, disaient-ils, que le baptême ne sort pas de la vraie Eglise. Saint Augustin leur apprit à distinguer ce qu'il appelait la « sacramcnti quaestionem » et la « salutis viam^ », c'est-à-dire la réception du sacrement et sa réception fructueuse. 11 accorda que le baptême ne procurait pas le salut en dehors de l'Église, parce que la charité qui

1. Ep. 76. 11 et 73. 7, M. 3. 114t> et 1114 (Ilartel, ep. 69 et 73, p. 759 et 783).

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