‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 179 sur 547 · LA PRÉSENCE REELLE · texte numérisé non relu

LA PRÉSENCE REELLE

Une divergence analogue se manifeste dans les commentaires auxquels a donné lieu le Discours de la promesse. Les paroles : Ma chair est {vraiment une nourriture... amènent saint Hilaire à dire qu'on ne peut douter de la chair et du sangdu Sauveur, et que, en nous assimilant cette chair et ce sang, nous sommes dans le Christ '•. Saint Cyrille d'Alexandrie déclare que celui qui mange la chair de Notre-Seigneur et qui boit son sang, s'unit à lui comme un morceau de cire s'unit au morceau de cire avec lequel il se fond ; et cette comparaison lui sert à éclairer le texte : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi '^. Saint Jean Damascène rappelle que le Christ a dit : Si i^ous ne mandez la chair du Fils de l'homme et si ^ous ne buvez son sang, vous n'aurez pas la çie en cous. Et il prouve par ces paroles, aussi bien que par les paroles de la cène, que le pain et le vin sont, non pas la figure du corps et du sang du Sauveur, mais son corps et son sang eux-mêmes \ Mais, dautre part, Origène justifie le texte : Ma chair est vraiment une nourriture... par cette considération que le Sauveur nous nourrit de la chair et du sang de sa doctrine ^. Quant à saint Augustin, sa grande préoccupation dans ses Homélies sur le discours de la promesse^ est de nous expliquer que Ton mange la chair du Christ et que l'on boit son sang, quand on demeure en lui ^. Et Ton sait que son aversion pour l'erreur capharnaïte lui a inspiré le commentaire suivant du texte : Nisi manducaveritis ^ : « Cette parole semble nous commander un

1. De Trinil., 8. 1-1, M. 10. 217 : « De veritate carnis et sanguinis non reiictus est ambigendi locus, » Cette phrase sert de commentaire au texte: Caro mea... Il est vrai que le but de saint Hilaire est de prouver la réalité de l'Incarnation; mais il mentionne aussi l'eucharistie. Voir: ibid., i\. 13, p. 216.

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