‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 18 sur 547 · INTRODUCTION. XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIII

recueil de textes scripturaires à Tadresse des Juifs — le troisième livre consacré à des questions de morale est laissé de côté — où l'on ne trouve que les prophéties messianiques et les preuves de la divinité du Christ. En somme on ne voit guère que Y Encliiridioii de saint Augustin et le De fîde ad Petriun^ écrit par saint Fulgence, mais qui, pondant tout le Moyen âge, fut attribué à Févêque d'Hippone. Ces deux livres passent en revue un bon nombre des dogmes chrétiens, et en même temps qu'ils les exposent, ils les rattachent à leurs bases scripturaires. Malgré les lacunes considérables qu'ils présentent — la théologie sacramentaire, pour ne parler que d'elle, y est à peu près nulle — on doit donc voir en eux des synthèses de théologie positive ou, pour plus de précision, de théologie scripturaire, car l'élément patristique y fait complètement défaut. Il serait inutile de rappeler que l'un et l'autre se bornent à mettre à profit les données fournies par les traités de controverses, si le premier n'avait pour auteur l'apôtre par excellence de la grâce et du péché originel. Il doit à cette circonstance d'être spécialement documenté sur ces deux articles de la dogmatique chrétienne; mais il n'échappe pas à la loi commune. Augustin docteur n'apporte aucun élément nouveau à la théologie scripturaire de la grâce ou du péché originel : il se contente de faire des emprunts ; seulement il les fait à Augustin controversiste.

C'est des compilations canoniques qu'est sorti le premier essai de synthèse que nous ait laissé le Moyen âge dans le domaine de la théologie positive. Au neuvième siècle, Réginon, abbé de Prûm, rassembla des extraits de toutes les prescriptions disciplinaires qui parvinrent à sa connaissance, et essaya de les mettre dans un ordre logique.

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