‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 182 sur 547 · ApoL, 1.G6, M · texte numérisé non relu

ApoL, 1.G6, M

138 THÉOLOGIE scripturaip.e; l'eucharistie.

mémoire de la passion du Sauveur ^ Mais il n'entreprend ni d'appuyer ni même d'expliquer cette énigmatique assertion. Le même phénomène reparaît presque partout, et la théologie biblique des paroles de la consécration ne serait représentée par aucun document, pendant les neuf premiers siècles, n'étaient les textes de saint Cyrille, de saint Jean Chrysostome, du De sacramentis et d'un sermon qu'on attribue ordinairement à Fauste de Riez. On vient de voir comment le grand orateur de Constantinople a mis en parallèle la parole de la Cène : Ceci est mon corps avec cette autre parole prononcée au commencement du monde : Croissez et multipliez-vous . L'auteur du De sacramentis^ après avoir rappelé, lui aussi, que la parole du Seigneur est toute-puissante, et que Dieu n'eut qu'un mot à dire pour créer l'univers, explique que la consécration de l'eucharistie se fait par « des paroles célestes », à savoir par les formules : Hoc est enim corpus meum... Hic est enim sanguis meus^. Et le sermon attribué à Fauste de Riez tient le même langage^.

Au commencement du cinquième siècle, la controverse pélagienne attira l'attention sur le texte : Si s^ous ne mangez la chair du Fils de Vhomme, i^ous n'aurez pas la ne en {>ous. Comme on l'a dit plus haut^', les adversaires du péché originel prétendaient être en règle avec le précepte : Nisiquis renatus fuerit... en enseignant que les enfants morts sans baptême étaient privés du royaume des cieux, mais recevaient la vie éternelle. Pour les réfuter, on eut recours à cet endroit du discours eucharistique où Notre-Seigneur avait dit : Nisi manducaveritis... On montra que, par ces paroles, le Sauveur avait refusé, non pas seulement le royaume des cieux, mais la vie éternelle elle-même à tous ceux qui ne mangeaient pas sa chair. Et, après avoir prouvé que la vie éternelle ne pouvait être obtenue sans la manducation de la chair du Christ, on crut pouvoir conclure à fortiori qu'elle ne pouvait être obtenue sans le baptême. Nous trouvons cette argumentation dans les

L De TrinUat., 3. 10, M. 42. 874.

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