‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 183 sur 547 · SA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

SA NÉCESSITÉ

écrits de saint Augustin ^ du pape Innocent ^ et du pape Gélase ^. Voici comment s'exprime Tévèque d'IIippone : « La distinction qu'ils veulent mettre entre la vie éternelle et le royaume descieuxestune extravagance... Pour le comprendre, nous n'avons qu'à écouter ce que le Soigneur a dit, non pas à propos du baptême, mais en parlant du sacrement de sa sainte Table, que ceux-là seuls reçoivent qui ont reçu le baptême. Il a dit : Ni'si inaîiducaçeritis... Prétendra-t-on que les petits enfants ne sont pas atteints par cette loi, et qu'ils peuvent avoir la vie sans participer au corps et au sang du Christ ? Se croirat-on autorisé à cette restriction sous prétexte que Notre-Seigneur, parlant à la seconde personne, s'adresse uniquement à ceux qui peuvent le comprendre, tandis que la loi du baptême est formulée à la troisième personne ?... A ce compte on devra donc la restreindre à ceux qui assistaient au discours du Sauveur!... )) Toutefois le saint docteur, qui répète à plusieurs reprises que les petits enfants doivent participer au corps et au sang du Seigneur pour posséder la vie éternelle, laisse entendre ailleurs que le baptême, en nous incorporant au Christ, nous fait participer à son corps et à son sang^' ; d'où il résulte que la réception du sacrement de l'eucharistie n'est pas indispensable au salut. En tout cas, si les textes de saint Augustin ne sont pas nets sur cette question, ceux de Fulgence ne laissent

1. Depeccat. meriiis, 1. 26,27, M. 44. 123. 124. Voir encore : Ad. Bonifac. 1. 40, M. 44. 570. S'adressant aux pélagiens, Augustin leur dit, en parlant des petits enfants : « Xec illud cogitatis eos vitam habere non posse qui fuerint expertes corporis et sanguinis Christi dicente ipso ; Nlsi manducaveritis...; De praedesl. sanctorum, 25, M. 44.978; EpisL 186. 29 et 30, M. 33. 826 et 827; Serm. 174. 7, M. 38. 144.

2. Dans sa réponse aux Pères du concile de Milève, parmi les lettres de saint Augustin. Ep. 182. 5, M. 33. 785.

3. Ep. 7, 5, M. 59. 36, se trouve encore à la suite des œuvres de saint Augustin, M. 45. 1769.

4. De peccat. meriiis. 3, 8, M. 44. 120 : « ... Nonne veritas sine ambiguitate proclamât non solum in regnum Dei non baptizatos parvulos intrare non posse, sed nec vitam aeternam posse habere praeter Christi corpus cui ulincorporenlur sacramenti baptismi imbuunlur l «.Voir encore : InJo. tract. 26. 17, M. 35. 1307, où on lit que : « manger la chair du Christ et boire son sang c'est demeurer en lui et l'avoir en soi; Serra. 272, M. 38. 1216, où Augustin explique aux catéchumènes que le chrétien appartient au corps mystique du Christ.

140 THÉOLOGIE scripturaire; l'eucharistie.

rien à désirer. Consulté par le diacre Ferrand, qui inclinait à prendre à la lettre le précepte : Nisi manducaveritis, l'évêque de Ruspe expliqua que, sans doute, il fallait manger la chair du Fils de l'homme pour être sauvé, mais que cette condition était réalisée par le baptême, qui fait de nous les membres du Christ. Fulgence appuya son sentiment sur divers textes de saint Paul, entre autres les suivants : Vos estis corpus Christi et inemhra de membro; unus panis unum cojpus jïiulti sumus ^.

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