‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 186 sur 547 · DOCTRINE DES PECHES IRRÉMISSIBLES · texte numérisé non relu

DOCTRINE DES PECHES IRRÉMISSIBLES

glise. Ici, comme toujours, Fauteur du De pudicitia se distingua par sa violence et sa virulence. D'une plume trempée dans le iiel, il entreprit une réfutation en règle de celui qu'il appelait ironiquement : Episcopus episcoporamK II s'efforça de prouver que, dans l'Ancien Testament, Dieu avait infligé aux pécheurs de terribles punitions, sans jamais leur accorder le pardon; ou que, en tout cas, certaines dispositions indulgentes de la Loi ancienne avaient été abrogées par la Loi nouvelle. Il ajouta que les paraboles évangéliques s'adressaient exclusivement aux pécheurs non encore baptisés ; que l'endroit de la Seconde èpitre aux Corinthiens, où saint Paul traite avec clémence un chrétien qui s'était mis en défaut, ne visait pas l'incestueux mentionné dans la Première épître; et que le texte Qiiaecumque alligaveris... avait conféré à saint Pierre un privilège personnel et inaliénable ^. Bref, d'un bout à l'autre de son livre, il accusa le pape d'avoir faussé le sens des textes inspirés, pour les faire servir à ses fins.

Les adversaires de Calliste refusaient-ils donc à l'Église le pouvoir des clefs? Non. Origène nous enseigne, dans le De oradone, que les paroles : Recelez le Saint-Esprit, les péchés seront remis à ceux à quivousles remettrez... ont donné aux Apôtres et à leurs héritiers le droit de remettre les fautes -^ Tertullien, qui entend réserver à saint Pierre le bénéfice des paroles : Quaecumque alligaveris... reconnaît néanmoins à l'Eglise le droit de pardonner les péchés '•. Et rien ne nous empêche d'attribuer à Hippolyte la même doctrine.

Tous trois croyaient donc au pouvoir des clefs. Mais, d'une part, au lieu de réserver ce pouvoir aux membres de la hiérarchie ecclésiastique, ils retendaient à tous les « hommes spirituels », c'est-à-dire à tous ceux qui possédaient des « charismes » •'. D'autre part, appuyés sur le texte : Est peccatam

1. De pudic. 1. p. 980 : « Audio etiam edictum esse propositum, et (luidem peremptorium. Pontifex scilicet maximus, quod est Episcopus episcoporum edicit »

Page 1