LE POUVOIR DES CLEFS SELON SAINT AUGUSTIN
Du reste. Téveque d'Iiippone revendiqua liautemcnt pour TEylise le droit de réconcilier les chrétiens coupables mais repentants ^ Seulement il préféra d'ordinaire étal^lir ce droit sur la promesse : Tibi dabo claves ^. Par contre, saint Pierre Chrysologue ^ et le pape saint Grégoire '* firent appel à la parole : Quorum remisej-itis.
Pour éclairer les deux textes : Tibi dabo claies et Quoj'iun remiseritis, on eut recours souvent au récit de la résurrection de Lazare. Saint Ambroise nous apprend que la parole : Veni foras prescrit au pécheur de révéler ses fautes, et que l'intervention des disciples, au cours du miracle, est l'image du ministère accompli par l'Eglise dans l'œuvre de la justification du pécheur **. Mais quel est au juste ce ministère? L'évêque de Milan ne nous le dit pas ^ . En revanche, saint Augustin expose sa pensée sur ce point avec une grande netteté. Témoin le commentaire suivant du texte : Lazare, prodi foras :
chés procurée par le baptême dans : De baptismo, 1. i5; ibicL, 3. 23, M, 43. 118 et 150; Contra epistolam Parmeniani, 2. 24, M. 43. 67. Il l'applique à la réconciliation qui suit la pénitence dans : Sermo, 295. 2, M. 38.
1. Voir : Sermo, 295. 2, M. 38, 1349 : « Has enim claves non homo unus sed unitas accepit Ecclesiae ». Sermo, 149, 7, M. 38. 802 : « Numquid istas claves Petrus accepit et Paulus non accepit?... Aut non sunt istae in Ecclosia claves ubi peccata quotidie dimittuntur? » De doclrina christiana, 17, M. 34. 25 : « Has enim claves dédit Ecclesiae ut quae solveret in terra soluta essent in coelo... » Sermo, 351. 9, M. 39, 1545 : « Veniat ad antistites per quos illi in Ecclesia claves ministrantur. » Sermo, 392. 3, M. 39. 1711 : « Nemo sibi dicat : occulte ago, apud Deum ago...Ergo sine causa dictum est : Quaecumque solverilis...''! Ergosine causa sunt claves datae Ecclesiae Dei? » Voir encore : Sermo, ZI8. 12, M. 38. 273.