‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 20 sur 547 · INTRODUCTION. XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXV

lement consulté la Tradition au sujet de la primauté du pape, n'a, par ailleurs, fait aucune enquête de ce genre. Son travail n'est donc pas homogène. Il n'est même pas complet, car il n'emprunte au De fide ad Petrum que les pages où l'auteur résume son livre. Malgré son mérite incontestable le Décret n'est qu'une ébauche.

Il était réservé à Fauteur du Sic et Non de poursuivre la voie timidement frayée par l'évêque de Chartres. Gomme il fut le plus spéculatif des philosophes de son temps, Abélard fut aussi le plus informé et le plus documenté de tous les théologiens du Moyen âge. Sur chaque point delà science sacrée il consulta l'Ecriture ainsi que les Pères, et il recueillit leurs dépositions quel qu'en fût le sens apparent, se réservant de concilier plus tard, par des interprétations bénignes, les textes discordants. Sa lecture était ample; il avait étudié sérieusement les docteurs latins et môme quelques docteurs grecs. Il put ainsi constituer de longues listes de témoignages, dont l'ensemble s'appelle XeSicet Non. Ce livre, qui n'est qu'un vaste casier dans lequel une foule de textes sont rassemblés et groupés sous des rubriques spéciales, représente une partie seulement de l'œuvre accomplie parAbélard, dans le domaine de la théologie positive. Après avoir recueilli et étiqueté tous ses matériaux, l'illustre professeur de Sainte-Geneviève les mit sûrement en œuvre dans son enseignement oral et dans sa Theologia (ce qu'on appelle aujourd'hui Vlntroductio). Mais, en l'absence de cette dernière, dont un court fragment nous est seul parvenu, le Sic et Non reste pour nous un monument incomparable. Il présente une collection abondante de témoignages, tant scripturaires que patristiques, dont la plupart n'avaient jamais encore été rassemblés; carie Décret d'Yves n'y a guère été utilisé que dans le chapitre de

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