‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 21 sur 547 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

la présence réelle. Sans doute on y constate des lacunes. L'eschatologie, par exemple, en est absente, et la moitié des sacrements y fait défaut. Mais, malgré ces imperfections, le Sic et Non peut être considéré comme la première synthèse à peu près complète de théologie positive.

Les lacunes que l'on constate dans XqSIc et Non ne furent probablement pas comblées dans la Theologia. C'est du moins ce que l'on peut induire de VEpitome theologiae christianae, résumé de la doctrine du maître rédigé par un disciple inconnu, où l'on ne trouve ni l'eschatologie ni le sacrement de l'ordre. Si cette conjecture est fondée, Hugues de Saint-Victor a apporté une légère contribution à la théologie positive ; car, dans le De sacramentis, il donne de nombreuses références sur les événements de la fm du monde. D'ailleurs la dissertation sur la Trinité, que l'on trouve dans le même livre, contient quelques recherches qui semblent personnelles. Disons néanmoins que l'abbé de Saint-Victor s'est illustré dans le domaine des idées, plutôt que dans celui des textes, et que, s'il a combattu victorieusement les théories d'Abélard, il a ajouté peu de choses aux investigations de l'illustre professeur. Gratien mériterait de nous arrêter davantage si son œuvre était tout entière du ressort de la théologie. Le De poenitentia et le De consecratione font du Décret une mine précieuse, qui, sans doute, doit beaucoup à l'évêque de Chartres et au Sic et Non d'Abélard, mais où l'on trouve aussi des richesses pour la première fois mises au jour. Malheureusement Gratien était un canoniste, qui ne touchait à la théologie que dans la mesure nécessaire pour éclairer la discipline ; la partie sacramentaire de la théologie positive lui est seule redevable d'un certain nombre de textes que Pierre Lombard a utilisés.

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