INTRODUCTION. XXVII
Les Sentences de Pierre Lombard : voilà la grande synthèse de théologie positive au Moyen âge. Divers ruisseaux ont contribué à remplir ce vaste réservoir de textes. Toute la partie sacramentaire, à l'exception de l'ordre, a été rédigée avec le secours de Gratien. Le reste doit beaucoup à Abélard et à Hugues. Mais si les emprunts sont considérables, les recherches personnelles ne font pas complètement défaut. Pierre ne doit pas à ses maîtres les extraits de saint Jean Damascène qu'il nous donne ; il les a puisés directement dans la traduction latine du De fide orlliodoxa, qui venait de paraître sous les auspices du pape Eugène III. Quant à saint Augustin, il occupe dans les Sentences plus de place que dans les livres de Hugues et d' Abélard réunis. Jamais pareille compilation n'avait encore paru. On y trouvait toutes les références dont on avait besoin. Aussi on se contenta généralement d'exploiter ce recueil incomparable d'informations sans songer à le refaire.
Il fut refait cependant à deux reprises différentes. Une première fois Alexandre de Halès, une autre fois saint Thomas, en même temps qu'ils exposèrent et expliquèrent les dogmes, entreprirent d'en rassembler les attestations. Et l'on doit reconnaître qu'ils ont, çà et là, apporté des textes inconnus aux Sentences : témoin les extraits de l'Aréopagite que l'on rencontre dès les premières pages de la Somme; témoin encore les emprunts aux Décrétales de Grégoire IX, qui reviennent maintes fois sous la plume du docteur angélique. Mais, d'autre part, Alexandre et saint Thomas se sont, assez souvent, préoccupés de simplifier les démonstrations de Pierre Lombard, plutôt que de les développer; ils ont, en tout cas, abondamment et constamment puisé dans les Sentences. En somme, le mérite des