Breviculus coUationis, 15, M
3. IbicL, n. 16, p. 632 : « Responderunt... malos in Ecclesia nuncsic esse permixtos ut quamvis debeat vigilare ecclesiastica disciplina, ad eos non solum verbis, sed etiam excommunicationibus et degradationibus corripiendos, tamen non solum in ea latentes nesciantur, sed plerumque propter pacem unitatis etiam cogniti tolerentur. >>
rattachent la primauté du pape aux paroles évangéliques, et qui lui donnent une base scripturaire. Ici nous rencontrons tout dabord le pape (^alliste \ « De quel droit, s'écrie Tertullien dans le De pudicitia, de quel droit t'arroges-tu le pouvoir qu'a l'Eglise de remettre les péchés? Parce que le Seigneur a dit à Pierre : Sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, je t'ai donné les clefs - du royaume des cieux\ parce qu'il lui a dit encore : Tout ce que tu lieras et délieras sur la terre sera lié et délié dans le ciel, tu prétends qu'il a étendu jusqu'à toi, c'est-à-dire jusqu'à toute église qui se rattache à Pierre, ce privilège! Comment oses-tu fausser à ce point la pensée divine, qui a entendu conférer à Pierre une faveur personnelle? » Sous cette virulente apostrophe, on démêle clairement le prétendu crime qui a provoqué l'indignation du fougueux polémiste. Calliste avait légitimé sa réforme disciplinaire par l'oracle divin : Tihi
daho classes regni coelorum; et quodcumque ligaveris ; il
s'était présenté comme le successeur de saint Pierre et l'héritier de ses droits.
Quand éclata la querelle baptismale, le pape Etienne — nous le savons par une lettre de Firmilien — rappela à saint Cyprien que l'évèque de Rome possédait la succession de saint Pierre ^ ; qu'il était, par conséquent, le fondement de l'Eglise; et donc que nul ne pouvait s'insurger contre ses décisions, sans se mettre hors de l'Eglise. Un siècle et demi plus tard, le pape Zosime, dans sa deuxième lettre aux évoques d'Afrique, revendiqua, au nom du texte : Tihi daho claies, le droit de gouverner l'Église entière '*. Son successeur, le pape Boniface, appuya sur le même texte la primauté de son siège ^, et il ajouta que Rome ne devait rien au concile de Nicée ^. En 431, le légat de Célestin, Philippe, proclama, devant les Pères du concile d'Ephèse, que saint Pierre, choisi par Jésus-Christ pour être le fondement de l'Église et