‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 223 sur 547 · LÉONCE DE CHYPRE ET ADRIEN · texte numérisé non relu

LÉONCE DE CHYPRE ET ADRIEN

Toutefois écoutons la réllexion qu'inspira à Adrien Tacte dont le bâton de Joseph fut Tobjet. « La conclusion que l'on doit tirer de là, dit-il, c'est qu'il nous est permis de représenter, sous des ligures sensibles, Dieu et les saints que nous aimons '. » Le texte : In diebus illis erit aliare Domini in medio terrae j^gyptiy et les textes analogues lui suggèrent cette autre pensée : « Pourquoi donc ne pourrions-nous pas orner la maison de Dieu de couleurs diverses et de peintures^? » De son côté, Léonce de Chypre commente, comme il suit, les témoignages d'adoration donnés par les patriarches à divers personnages: « Abraham adora les infidèles qui lui vendirent son sépulcre, et il fléchit les genoux devant eux ; mais il ne les adora pas comme des dieux. Jacob bénit l'idolâtre Pharaon ; mais il ne le bénit pas comme un dieu^... » On le voit, les références scripturaires que nous venons de rencontrer sont parfois destinées uniquement à légitimer la présence des images dans les églises, abstraction faite de toute idée de culte. Et si, d'autres fois, le culte lui-même des images est en cause, on ne demande pas à l'Ecriture, au moins ordinairement, une approbation directe et positive de cette pratique ; on veut seulement établir par elle que les hommages n'impliquent pas toujours la reconnaissance de la divinité de l'objet auquel ils sont adressés. Sans doute cette loi souffre des exceptions : témoin le texte suivant d'Adrien : « Dieu ordonna de faire deux chérubins dor.... 11 prescrivit aussi d'en broder deux autres sur les rideaux... et il ne dédaignait pas de parler au milieu des chérubins. On peut donc affirmer que tout ce qui est établi dans les églises, pour la gloire de Dieu et la beauté de sa demeure, est saint et doit être honoré'* ; » témoin encore cette pensée du même pape, à propos du serpent d'airain : « Si les Israélites ont été guéris en jetant les yeux sur le serpent d'airain, pourrions-nous douter que nous serons sauvés, si nous contem-

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