In Jonam, 3. 6, M. 25. 1141; In haï., 14. 21, M
%. Ad Orosimn, 5 et 7, M. 42. 672-673; De civitat., 21, 23 et suiv., M. 41. 735.
LA DURÉE DES PEIXES DE LENFER. 189
et saint Grégoire' prirent la même attitude, et condamnèrent luiiitement la doctrine du salut universel. Pour fermer la bouche aux origénistes, il fallait leur enlever les textes derrière lesquels ils s'abritaient. Ce fut l'œuvre de saint Augustin, qui montra que, dans la phrase : In aelernum et in saeculum saeculi, la seconde formule ne devait pas être placée sur le prolongement de la première^, et que, dans le texte : Nuinquid ohlwiscetuv . . . le Saint-Esprit avait en vue les chrétiens coupables de fautes légères^. Mais il fallait surtout enlever au texte : Itein igneni aelernum^ l'interprétation que lui donnaient les origénistes. Ce fut l'œuvre de saint Basile. Remarquant que les partisans les plus obstinés des peines transitoires et purificatrices attribuaient aux justes un bonheur sans fm, l'évêque de Césarée leur objecta que, dans la sentence du jugement général, la même épithète qui désignait la durée du bonheur du ciel, servait aussi à désigner la durée des supplices de l'enfer. 11 conclut qu'on n'avait pas le droit d'admettre l'éternité du ciel sans admettre l'éternité de l'enfer, ou vice versa, de rejeter celle-ci sans rejeter aussi celle-là'''. Nous retrouvons cet argument sous la plume de saint Augustin ^ aussi bien que sous la plume de Justinien ^. Et l'auteur des Morales ferma la bouche aux origénistes de son temps par cette réflexion : « Si le Seigneur n'a pas dit la vérité, quand il a menacé les pécheurs d'un supplice éternel, il ne l'a pas dite non plus quand il a promis aux bons la vie éternelle. Qu'on n'objecte pas qu'il a voulu intimider les pécheurs pour les retirer du mal. S'il a pu faire une fausse menace pour détourner du péché, il a bien pu aussi faire une fausse promesse pour porter à la vertu '^. »
L'éternité des peines de l'enfer fut donc hautement proclamée et défendue contre la doctrine origéniste. On fut plus réservé sur la nature des souffrances que les damnés doivent