‹ Histoire de la théologie positiveChapitre 249 sur 547 · Frar/menla, 2, M · texte numérisé non relu

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3. C'est ainsi qu'on entend ordinairement le texte grec qu dit seulement : ol toù xupîou (xaOïixal ».

200 THÉOLOGIE patristique; l'argument de tradition

qu'au cours de son enquête, le discernement lui fit parfois défaut, et qu'il ne sut pas toujours faire le triage entre la Tradition dérivée du Sauveur et les traditions humaines. Tel de ses fragments recueilli par saint Irénée ne confirme que trop cette assertion ^ . Il est juste d'ajouter que nous lui devons des renseignements de premier ordre sur certains livres du Nouveau Testament.

C'est dans la controverse gnostique que l'argument de tradition reçut sa formule pleine et entière. Les spéculations de la gnose qui n'étaient pas sans avoir quelque chose de séduisant, avaient aussi un point faible : elles bouleversaient toutes les données traditionnelles et substituaient au christianisme des deux générations précédentes un christianisme inconnu, sans racines dans le passé. 11 y avait là pour la défense un avantage qui ne fut pas négligé. Dès le milieu du deuxième siècle, Hégésippe entreprit un long voyage, pour étudier sur place la foi des diverses églises. Il constata que, partout, l'épiscopat conformait sa doctrine « à la Loi, aux Prophètes, et au Seigneur ^ » ; et il opposa à la « gnose mensongère » la grande voix de la « prédication véritable ^ ». Mais, de son œuvre, il ne nous reste que de courts fragments ; et c'est un autre docteur qui incarne pour nous l'argument de la Tradition dans la controverse gnostique.

On a vu plus haut toutes les ressources que saint Irénée sut tirer de l'Ecriture, et l'on doit reconnaître qu'il se tint presque constamment sur le terrain biblique. Pourtant, çà et là, il recourut à une autre autorité, comme le prouve le texte suivant : « Nous avons à opposer à nos adversaires les évêques établis parles apôtres, ainsi que leurs successeurs, dont aucun n'enseigne ni ne connaît les insanités débitées par ces gens-là. Si les apôtres avaient eu une doctrine secrète pour les parfaits, à qui l'auraient-ils transmise avant tout, sinon à ceux à qui ils confiaient le gouvernement des églises ''?... C'est dans l'Église qu'il faut aller puiser la vérité, puisqu'elle est comme le réser-

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