EXPOSÉ PAR SAINT IIIÉNÉE
voir puissant dans lequel les apôtres ont déposé toute la vérité... Si un problème venait à surgir, ne faudrait-il pas en demander la solution aux églises les plus anciennes?... Et si les apôtres ne nous avaient pas laissé les Ecritures, ne devraiton pas s'adresser, pour connaître leur doctrine, à ceux qu'ils mirent à la tète des églises '? » Après avoir posé ces principes, Irénée passe à l'application. Il consulte les trois premières églises de son temps : celle dEphèse, fondée par saint Paul et longtemps dirigée par saint Jean ; celle de Smyrne, fondée par un disciple des apôtres, Polycarpe, « que j'ai vu, ajoute-t-il, dans mon enfance, car il vécut très vieux - » ; surtout celle de Rome, « la plus grande, la plus antique, la plus célèbre, celle qui a été fondée par les apôtres Pierre et Paul... celle avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder à cause de sa principauté principale ^... » Il consulte, dis-je, ces trois églises. Et que lui apprennent-elles? Que Jean sortit un jour du bain, avant de s'être lavé, pour ne pas être en contact avec Cérinthe ; que Polycarpe, rencontrant sur son chemin Marcion, le traita de « fils aîné de Satan»; que, pendant son séjour à Rome, le même Polycarpe convertit plusieurs gnostiques ; que Clément, un disciple immédiat des apôtres, écrivit une « lettre imposante » aux Corinthiens, dans laquelle il proclama l'existence « d'un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, créateur de Ihomme... et père de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Voilà ce que disent les églises dont la voix est la voix des apôtres eux-mêmes. Et voilà comment l'évêque de Lyon, en même temps qu'il combat les gnostiques par la preuve scripturaire, fait aussi valoir contre eux l'argument de la Tradition.